‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 245 sur 415 · CHAPITRE XIIL — NOTIONS DE GÉNIE RURAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL — NOTIONS DE GÉNIE RURAL

à maturité qu'après des chaleurs intenses et prolong-ées, et l'on ne peut en conséquence les faire prospérer que dans les contrées tropicales ou tout au moins les régions chaudes : d'où, pour certaines cultures, des limites géographiques parfaitement tranchées et qu'on peut en conséquence tracer sur les cartes ; tel est en France le cas de la vig-ne, qui ne s'étend pas vers le Nord au delà de l'Ile de France et de la Champagne, ou celui du maïs qu'on cultive comme fourrage dans nos provinces du Nord, mais dont l'épi ne parvient à maturité que dans le Midi. Telle culture, comme le riz, exige des terres presque constamment submergées ; telle autre, la vigne par exemple, réussit dans les coteaux arides et pierreux. Certaines plantes ne se plaisent que dans les régions à sous-sol calcaire, tandis que d'autres préfèrent les terrains sablonneux.

Les besoins des plantes cultivées, au point de vue des substances nutritives nécessaires à leur développement, présentent aussi des divergences considérables. Celles oii les matières quaternaires ou azotées sont peu abondantes et auxquelles on demande surtout des produits sucrés ou amylacés, se montrent d'ordinaire peu exigeantes et trouvent à peu près ce qui leur faut dans toutes les terres arables ; quelques-unes même fixent de l'azote emprunté à l'atmosphère et peuvent être utilisées pour l'amélioration des terres. Par contre, les récoltes oii dominent les substances azotées, épuisent le sol le plus riche, si l'on n'a soin de lui restituer, par Taddition dispendieuse d'engrais, les matières fertilisantes qu'elles lui enlèvent. D'oii l'usage des assolements , qui consiste à faire succéder sur les mêmes terres des cultures différentes en une rotation régulière et convenablement combinée, de telle sorte que la récolte la plus épuisante, comme le blé, soit suivie d'une autre moins exigeante, telle que l'avoine, la betterave, le colza, qui sera elle-même remplacée. Tannée d'après, par une plante plutôt améliorante, prairie temporaire, trèfle, sainfoin, avant de revenir au blé : jadis on allait plus loin encore, puisqu'on laissait, à intervalles plus ou moins éloignés, la terre en jachère, c^est-à-dire au repos complet, durant une année ; l'emploi aujourd'hui généralisé des engrais dans nos pays a fait renoncer à cette pratique, mais il se combine

avec le système des assolements, réglés le plus souvent par périodes de trois à sept ans.

C'est dans les régions tempérées que se rencontrent les cultures les plus riches et les plus variées. Celles qui sont particulièrement répandues en France sont :

les céréales (blé, seigle, avoine, orge, maïs...), parmi lesquelles le froment occupe le premier rang et l'avoine le second, tandis que l'épeautre tend à disparaître, que le seigle est relégué dans les terrains meubles...;

les légumineuses (fèves, haricots, pois...) qui concourent avec les céréales à l'alimentation des hommes et des animaux;

les racines alimentaires, dont la plus importante est la betterave, cultivée tantôt pour la fabrication du sucre, tantôt pour celle de l'alcool, parfois simplement pour la nourriture du bétail; on y comprend souvent la pomme de terre, bien que ce ne soit pas une racine proprement dite, mais un tubercule, et dont le rôle alimentaire et industriel est également considérable ;

\Q^pla7ites industrielles, parmi lesquelles la vigne mérite d'être citée au premier rang, car elle constitue une des premières richesses du pays ; viennent ensuite les textiles, le chanvre encore assez répandu dans le Nord, et le lin, dont la culture, autrefois florissante, a beaucoup diminué depuis l'importation croissante de produits similaires étrangers; puis les graines oléagineuses (lin, pavot, colza, navette, olive...), qui souffrent aussi de l'introduction des graines exotiques et de la concurrence des huiles minérales; enfin les cultures spéciales, comme le houblon, le mûrier, le tabac, la garance... cette dernière à peu près abandonnée depuis l'apparition des teintures d'aniline ;

\qs plantes fourragères, qu'on cultive soit isolément, sous forme de prairies temporaires ou artificielles (trèfle, sainfoin, luzerne...), soit en mélange (graminées et légumineuses), pourlaproduction continue de l'herbe dans les prairies permanentes ;

Citons encore les cultures arbustives ou forestières, puis la petite culture, fruitière ou maraîchère (arbres à fruits, légumes, sal îdes, primeurs), que la facilité et la rapidité des communications a grandement développée et qui alimente un important commerce d'exportation.

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