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CHAPITRE XIII

- NOTIONS DE GÉNIE RURAL

toi. i:ii|s;rais. — Nul pour la culture forestière, inconnu dans les pays neufs, oii la terre vierge contient d'énormes provisions de substances nutritives donl profitent les premières cultures, le rôle des engrais est au contraire d'un intérêt primordial pour nos terres cultivées. Si l'on veut préciser les idées à cet égard, il suffit de rappeler qu'une récolte ordinaire de blé (1.900 kilogrammes de graines, 4.700 kilogrammes de paille) comporte Tenlèvement parbectarede 54 kilogrammes d'azote, 40 de potasse, 26 d'acide phospborique, que ces chiffres sont remplacés pour une récolte de betteraves (30.000 kilogrammes) par les suivants : 84,246,33, sans compter ce qu'absorbent par ailleurs les parties inutilisées des plantes, les herbes parasites, ou ce qu'entraînent les eaux d'infiltration. Or, si l'azote est fourni en faible partie par l'atmosphère, où les plantes puisent aussi le carbone qu'elles mettent en œuvre, le surplus provient du sol et ne renouvelle point: il faut le lui restituer; et, de quelque façon qu'on procède, on n^ parvient qu'à grands frais, si bien que la dépense d'engrais entre moyennement pour un quart dans le prix du pain 1

Ce sont les substances qu'on vient de citer, azole^ acide phosphorique^ potasse, qui font le plus souvent défaut dans le sol arable depuis longtemps en culture, tandis qu'on y trouve habituellement en abondance la silice, l'alumine, le fer, le chlore, la soude, et généralement en quantité suffisante la chaux et la magnésie.

Par suite, il arrive assez rarement qu'on ait à faire usage de sable pour amender un sol trop argileux, d'argile pour améliorer un sol trop exclusivement sableux ou calcaire. L'emploi des amendements calcaires est plus fréquent: c'est à ce titre qu^on utilise la marne^ ordinairement fournie par le sous-sol, et qu'on extrait en été de galeries souterraines, pour l'étaler en petits tas sur la terre après la récolte, l'exposer ainsi aux gelées, qui la délitent, et la répandre ensuite à l'état presque pulvérulent pour qu'elle s'incorpore à la terre au moment des labours; mais le marnage ne se fait guère que tous les vingt ans et à la dose de 20 à 30 mètres cubes par hectare; les sables coquilliers fossiles, qu'on désigne du qom de fahms en Touraine, en Bretagne, dans

l'Anjou et le Bordelais, les sables coquilliers marins de formation actuelle, utilisés sous l'appellation de mœrl dans les Gôtes-du- Nord, de tangue dans la baie du Mont-Saint-Michel, rendent des services analogues ; parfois on a recours à la chaux grasse, on pratique notamment le chaidage des terrains tourbeux; enfin, dans le voisinage des villes, les champs reçoivent dans le même but certains produits de démolitions.

Au contraire^ l'emploi des engrais azotés est constant. Le plus avantageux serait le nitrate de potasse ou salpêtre^ qui fournit à la fois deux éléments de fertilité; mais, comme il se rencontre très rarement à l'état naturel, il revient cher, et on lui préfère, dans la plupart des cas, le nitrate de soude^ que l'Amérique du Sud fournit en abondance, ou le sulfate d'ammoniaque^ provenant des usines à gaz, du traitement des matières de vidange, des fabriques de noir animal.

Les engrais phosphatés sont aussi d'un usage courant, soit qu'ils proviennent à titre de résidus de fabrication des usines oii l'on travaille les 0.9, 011 l'on emploie le noir animal, soit qu'on utilise \esscories de déphospho7^ation des usines métallurgiques, ou qu'on recherche directement pour cet objet \qs phosphates minéraux naturels, qui se rencontrent à Tétat d'accidents dans diverses régions et dont l'exploitation vient notamment de prendre une extension considérable en Algérie.

On recherche moins la potasse à l'état minéral: on se sert cependant parfois, comme engrais, àwsulfate de potasse, fourni par les usines de produits chimiques, d'eaux mères alcalines des marais salants, ou de certaines roches feldspathiques réduites en poudre.

Depuis un certain nombre d'années, les engrais chimiques ou composés, qui renferment les divers éléments minéraux de fertilisation à l'état de mélange, et dont les fabriques d'engrais varient la formule à l'infini, suivant les cas, sont entrés dans la pratique agricole, à laquelle ils ouvrent une voie nouvelle : car ils se prêtent aux lointains transports, et fournissent le moyen d'obtenir, pour ainsi dire partout, sur un sol quelconque, même inerte s'il faut en croire Georges Ville, une récolte déterminée, pourvu qu'on y apporte à un prix abordable les éléments nécessaires.

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