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CHAPITRE XIII. — NOTIONS DE GÉNIE RURAL

Une autre calég'orie d'engrais, infiniment plus répandue, peut aussi fournir à la terre ces mêmes éléments minéraux, non plus il est vrai à l'étal immédiatement assimilable ni en proportions variables à volonté, dans des conditions assez diverses cependant pour satisfaire en un grand nombre de cas à toutes les exigences de la culture : ce sont les engrais organiques^ dénomination générale sous laquelle on comprend de nombreuses matières, d'origine végétale ou animale, qu'on incorpore à la terre, et qui, sous Tinfluence des ferments, des bactéries multiples qu'elle renferme, ne tardent pas à s'y résoudre elles-mêmes en éléments minéraux, susceptibles d'être dissous par les eaux d'infiltration et d'être alors absorbés utilement par les racines des plantes. Les engrais végétaux^ dont l'action est relativement lente, sont qualifiés d'engrais froids : certaines récoltes de plantes fourragères sont enfouies entièrement ou partiellement dans le sol, à titre A'engrais verts\ les résidus de la plupart des autres récoltes, feuilles, racines, qu'on laisse sur le sol ou qu'on y apporte, des "plantes marines (varechs, fucus), de nombreux de fabrication (tourteaux

oléagineux provenant des huileries, marcs de raisin, drêches de brasserie, vinasses de betteraves^ eaux résiduaires des féculeries, sucreries^ etc), X^^curures d'étangs ou de petits cours d'eau, les vases des rivières, jusqu'à la tourbe^ trouvent de la sorte un emploi agricole. Parmi les engrais d'origine animale, plus actifs, plus chauds^ se classent des matières nombreuses et variées, qu'on peut répartir en trois catégories, résidus de fabrication^ débris d animaux morts, déjections d' animaux vivants : dans la première rentrent \eseaux de clésuintage des laines, les chiffons de laine, les vieux cuirs ^ le marc de colle, etc., dans la seconde, la viande non utilisable en boucherie, le sang recueilli dans les abattoirs, les cadavres d'insectes, sauterelles, criquets, hannetons , etc., les rognures de cornes, de sabots, de plumes^ etc.; c'est la troisième qui fournit les matières les plus employées, soit à l'état naturel soit après une préparation spéciale. Dans beaucoup de régions (Nord de la France, Flandre, Alsace, Provence, etc.), on emploie couramment l'e/i^mzi^ /mm<2m, à l'état frais ou vert, dit parfois engrais flaynand, et qui a été de tout temps très en honneur en Chine; une pratique encore plus répandue consiste dans le par-

cage des moutons^ au moyen de claies, dans un élroit espace où ils séjournent pendant un temps déterminé, et qu'on déplace successivement pour obtenir une répartition uniforme de l'engrais. Les procédés de transformation préalable s^appliquent surtout aux déjections humaines: dans les voiries, encore en usage dans certaines localités, on les abandonne à l'évaporation puis à la dessiccation à Tair libre, et le résidu solide est broyé pour la fabrication de poudrette \ on tire un meilleur parti de l'azote dans les usines oh Ton produit du sulfate d'ammoniaque^ par traitement des matières à la chaux, en présence de la vapeur d'eau, et passage des gaz ammoniacaux dans des bacs en plomb renfermant de l'acide sulfurique ; les résidus solides^ recueillis sous forme de tourteaux par le moyen de filtres-presses et passés au broyeur^ donnent en outre une sorte de poudrette, contenant une forte proportion de chaux, qui constitue un produit accessoire encore assez recherché. Mais, de tous les engrais organiques, celui qui est de l'usage le plus général est le fumier de ferme^ obtenu parla fermentation de la litière, qui a séjourné dans les écuries et les étables et en est retirée imprégnée de déjections; on le dépose sur des aires ou dans des fosses, aménagées à cet effet et où il convient de disposer une fosse plus petite, pour le purin, surmontée d'une pompe, au moyen de laquelle on élève ce liquide de temps à autre, afin d'arroser la masse et d'en empêcher réchauffement : le fumier, dont le poids spécifique est de 300 à 400 kilogrammes le mètre cube à l'état frais, pèse après fermentation jusqu'à 800 kilogrammes, par suite de Tévaporation d'une partie de l'eau et du tassement des matières; il contient alors moyennement, pour 1.000 parties, 141 de matières organiques dont 4 d'azote, 67 de matières minérales dont 3,75 de potasse et 2 d'acide phosphorique ; un cheval en produit 10.000 kilogrammes environ par an, un bœuf au travail 9.400, à l'engrais 25.000, un mouton 550; celui des bêtes bovines est moins riche et celui des moutons plus actif.

Enfin on emploie engrais mixtes^ où se trouvent mélangées des matières de nature diverse, de provenance multiple^ telles que Xd^gadoue des villes ou l'eau de leurs égouts. La gadoue doit subir avant l'emploi une fermentation, comme le fumier; on

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