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CHAPITRE XIII. — NOTIONS DE GÉNIE RURAL

parallèles et également espacées, désignées sous le nom ào^rayages^ en lançant, chaque fois qu'il a fait deux pas, une poignée de grains, avec assez de force pour couvrir deux intervalles ou trains, de telle sorte qu'en fin de compte chaque partie du champ ait reçu deux fois des grains, provenant de deux jets différents.

Quelque habileté que puisse acquérir le semeur, avec quelque régularité qu'il procède, la répartition des grains obtenue par ce moyen demeure assez inégale, et^ comme Tensemencement^ absorbant des quantités éoormes de graines, comporte des dépenses importantes, on conçoit sans peine que toute amélioration dans le semis, toute économie sur la quantité de semences, représente pour le cultivateur un bénéfice sérieux. D'oii la diffusion rapide des semoirs mécaniques, qui date surtout de la seconde moitié du xîx^ siècle.

Le semoir, qui s'est répandu le premier^ surtout en Angleterre^ est le 6-emoz> à cuillers. Son organe essentiel, le distributeur^ se compose d'un certain nombre de disques, calés sur un arbre horizontal, qui est mis en mouvement par l'essieu du chariot sur lequel il est monté et porte de part et d'autre de petites cuillers, pour prendre la semence dans une auge et la déverser dans des tubes coniques, s'emboîtant les uns dans les autres,

par ou elle parvient, de chute en chute^ jusque dans un petit sillon, qui est ouvert par une sorte de soc disposé au pied du dernier tube, et qu'un poids traînant referme ensuite. On obtient de cette

façon un semis en lig-nes plus ou moins serrées, qu'on peut régler à volonté et qui s'effectue avec une précision parfaite. Les disques à cuillers sont remplacés, dans d'autres modèles de semoirs, par des roues à alvéoles, au moyen desquelles on obtient des résultats analogues.

On construit aussi des appareils mécaniques de cette catégorie, qui, au lieu de semer en lignes, répandent les graines régulièrement sur toute la surface du sol, en imitant exactement le semis à la volée. Recherchés pour les semences de très petite dimension et aussi pour la distribution des engrais pulvérulents, ces appareils comportent un arbre tournant, muni de disques ondulés ou hélicoïdes, ou encore de pointes ou de brosses, qui en font une sorte de hérisson, destiné à entraîner les grains vers des orifices convenablement disposés et dont on règle les ouvertures suivant les besoins.

On fait ordinairement le semis après un labour, suivi du passage de la herse et du rouleau. Un peu plus tard, après l'apparition des premières pousses, on effectue souvent un binage ou un sarclage^ au moyen du cultivateur ou de la houe à cheval, pour arracher les mauvaises herbes, éclaircir les plants trop serrés, etc. Certaines récoltes^ telles que la betterave, la pomme de terre, etc., exigent un buttage, qui s'obtient à l'aide d'appareils analogues mais munis d'outils en forme de socs triangulaires, avec doubles versoirs.

104. Récolte. — La récolte des fourrages comprend quatre opérations: la coupe, le fanage, le bottelage et l'engrangement. La coupe se fait à bras, au moyen de la faucille dans les très petites exploitations, plus souvent à l'aide de la faux, relativement lourde, mais qui, bien maniée, permet de donner par minute environ 25 coups, d'une amplitude moyenne de 2 mètres (andain) sur 0 m. 13 de large, de sorte qu'un bon faucheur fait par jour un tiers d'hectare. Le fanage, indispensable pour la conservation du foin, consiste à le faire sécher en l'étalant au soleil, puis l'agitant et le retournant de temps à autre, au moyen de fourches en bois ou en fer. Quand le sol demeure mouillé, comme il arrive dans certaines prairies irriguées, on peut disposer le foin en

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