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CHAPITRE XIII. — NOTIONS DE GÉNIE RURAL

appelé ployon^ qui est particulièrement utile pour les blés versés ou dans les terrains mouvementés. L'effort qu'exige le maniement de la faux pour la moisson est plus pénible que pour la coupe des foins ; aussi l'emploi des moissonneuses mécaniques est-il encore plus avantageux que celui des faucheuses, dont elles reproduisent d'ailleurs, avec un peu plus de robustesse seu-

lement, les dispositions générales : elles comportent des organes supplémentaires spéciaux, pour le rangement du blé, soit en javelles — ce sont alors des râteaux de bois mobiles qui rabattent le blé sur une plate-forme^ disposée en arrière de la scie, et que l'un d'eux balaie à chaque passage en projetant sur le sol le blé qui y est tombé — soit en andain^ c'est-à-dire en couche régulière et continue — ce qui s'obtient au moyen d'une toile sans fin, entraînée par les roues porteuses comme la scie elle-même. Avec ce second dispositif, il suffit de l'addition de quelques organes accessoires peu importants pour faire opérer également le bottelage par la machine, qui devient alors bottelense et même botteleuse-lieuse^ quand elle entoure la botte d'une ficelle dont elle fait aussi le nœud.

Les bottes on gerbes, liées à 0 m. 25 ou 0 m. 30 au-dessus des épis, sout transportées à la grange soit immédiatement, soit après quelques jours de séchage. Souvent aussi, l'engrangement est remplacé par la mise en meules dans le champ même; si le temps presse, s'il devient humide, on a recours aux moyettesîoïmées de cinq à six gerbes debout, qu'on recouvre d'un léger chapeau de paille. La rentrée des bottes de blé dans les granges peut être facilitée et hâtée par l'emploi élévateurs,

La grande culture utilise aussi des appareils mécaniques pour d'autres récoltes, celle des betteraves ou des pommes de terre par exemple. Ces appareils se composent presque toujours d'un bâti sur roues, analogue à celui des cultivateurs, sur lequel on monte, pour les betteraves, une fourche étroite qui vient saisir et soulever les racines, pour les pommes de terre, un soc à bout carré qui arrache les tubercules, suivi d'une sorte de cône à claire-voie qui les ramène à la surface.

105. Préparation des récoltes. — Les produits de la terre doivent être en général soumis, avant l'emploi, l'expédition ou la vente, à quelque préparation. Si le foin, préalablement séché sur le pré, est livré tel quel à l'étable, par contre le blé, Tavoine, doivent subir le battage, qui sépare le grain de la paille ; le maïs est égrené ; les racines destinées à l'alimentation du bétail ou à la distillerie sont lavées et découpées ; etc. Parfois aussi, dans la ferme même, on comprime les foins, pour en faciliter le transport, on distille sur place les betteraves, on procède au rouissage ou au décortiquage des plantes textiles, à la fabrication du vin, du cidre, etc. La plupart de ces opérations exigent aussi un outillage, et, pour les effectuer économiquement, on s'efforce de perfectionner de plus en plus cet outillage et d'y adapter des moteurs mécaniques.

A titre d'exemple on indiquera les procédés divers employés pour le battage du blé.

Dans les exploitations primitives, la séparation du grain et de la paille était obtenue par le dépiquage, qui consiste à faire piétiner les gerbes par des chevaux ou des bœufs sur une aire en terre battue, et qu'on pratique encore dans certaines contrées, en

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