CHAPITRE XIII
NOTIONS DE GÉNIE RURAL
Espagne notamment. On trouve aussi au Siam, en Tunisie, dans quelques fermes du Midi, l'emploi de rouleaux coniques en pierre, traînés par un cheval : l'animal, attaché par une longe à un poteau, tourne autour de ce poteau, dans un sens en y enroulant la longe, puis dans l'autre sens en la déroulant^ et, dans les deux cas, détermine le mouvement des rouleaux sur l'aire oii les ger= bes sont étalées.
Un système encore très répandu est le battage au fléau. L^outil est des plus simples ; il se compose de deux pièces de bois, dont l'une a une longueur double de l'autre, et qui sont rattachées par un lien flexible en cuir. Deux hommes, armés de fléaux, battent en cadence et par mouvements alternatifs, deux ou trois gerbes de blé à la fois, en donnant ensemble 40 à 50 coups par minute : ils battent chacun 34 kilogrammes de blé par heure, soit 238 kilogrammes par jour, en produisant un peu plus d'un hectolitre de grains. C'est un travail pénible, malsain à cause des poussières, et assez coûteux, qu'on tend de plus en plus à remplacer par le battage mécanique.
Des tentatives ont été faites dès le siècle dernier en vue de parvenir à ce résultat, et l'on a imaginé un grand nombre de dispositions avant d'arriver aux machines à battre actuellement en usage, dont les organes essentiels sont le batteur et le contrebatteur^ l'un mobile, l'autre fixe, entre lesquels passe le blé el qui détachent le grain de l'épi : le batteur est un tambour métallique^ armé de lames de fer ou d'acier et animé d'une grande vitesse; le contrebatteur porte des lames analogues ou des côtes saillantes et affecte la forme d'une portion de cylindre. La plupart de ces machines comportent en oulre des organes complémentaires : secoueurs^ pour amener la séparation complète de la paille et du grain, nettoyeurs, pour débarrasser le grain des poussières, balles, etc., cribleurs, trieurs, pour le séparer des matières étrangères, le classer par grosseurs, etc.
106. Bâtimcnt^i ruraux. — Une bonne disposition des bâtiments ruraux a une importance considérable sur la tenue d'uné exploitation agricole. Par d'heureuses combinaisons on peut souvent, sans plus de frais, obtenir une répartition rationnelle des locaux et leur donner un aspect satisfaisant, ce qui ne manque pas d'avoir la meilleure influence sur les habitudes du personnel et la bonne marche des opérations.
L'emplacement de la ferme doit être sain, abrité du vent régnant par un coteau ou un rideau d'arbres, bien exposé (sud ou est dans nos régions), suffisamment élevé, pour n'avoir rien à redouter dos inondations, et convenablement protégé contre l'humidité, en pente légère, pour faciliter l'écoulement des eaux pluviales et autres, pourvu d'une bonne alimentation en eau potable.
Afin d'éviter les transports, toujours longs et coûteux, puisque la culture met en œuvre des quantités considérables de matières pondéreuses, il importe de placer la ferme au centre de gravité de l'exploitation ; il convient aussi qu'elle soit à un niveau moyen, par rapport aux terres qu'elle dessert, et à proximité des voies de communication.
Il est préférable de la tenir à quelque distance des routes ou chemins, isolée plutôt que dans le village même, afin qu'elle se prête aisément à des extensions ultérieures, suivant les besoins.
Presque toujours, les divers bâtiments qui la composent viennent se grouper autour d'une vaste cour, vers le centre de laquelle se trouve souvent le dépôt de fumier. La maison d'habitation est placée au fond et vers le milieu de la cour, afin de permettre au chef d'exploitation d'exercer une surveillance constante et facile ; le jardin potager y est attenant en arrière ou sur le côté. Il est rationnel d'en rapprocher les bâtiments occupés par les animaux de prix (écuries^ étables), d'en tenir plus éloignés ceux qui reçoivent les bêtes ovines (bergeries), et surtout les porcheries, poulaillers etc. On recommande de séparer, par des vides ou des hangars en appentis, les principaux groupes de constructions, et d'isoler les granges et magasins à fourrages, afin de diminuer les causes d'incendie et d'en limiter les efl'ets.
La cour devant toujours être assez spacieuse pour que l'évolu-