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CHAPITRE XIII. — NOTIONS DE GÉNIE RURAL

L'extrême division des terres en France, conséquence de notre système de successions, est un obstacle fâcheux à la constitution d'exploitations importantes, capables d'appliquer les méthodes nouvelles, de se procurer l'outillage, la direction scientifique qu'elles comportent ; aussi favorise-t-on la formation des associations, des syndicats de culture, dont le nombre va rapidement croissant, et qui suppléent, par l'union des efforts de tous, à l'insuffisance des ressources de chacun. Un nouveau service, celui des Améliorations agricoles^ vient d'être créé, dans le but de venir en aide aux syndicats et aux cultivateurs isolés, en leur fournissant d'utiles indications, les guidant dans leurs tentatives, dressant au besoin les projets d'amélioration, recherchantles moyens de les faire aboutir, poussant au remembrement des terres divisées, etc.

Le mode d'exploitation des domaines ruraux qui est le plus favorable à la culture intensive et rationnelle, vers laquelle on tend de nos jours, est assurément V exploitation directe par le propriétaire : seul, il peut avoir des vues d'avenir et entreprendre des opérations de longue haleine, parce qu'il est avant tout préoccupé de l'amélioration progressive de ses terres, fût-ce au détriment momentané du revenu immédiat. C'est le contraire dans le fermage^ où le locataire a précisément intérêt à épuiser la terre, quand approche la fin du bail, s'il n'a pas l'intention de le renouveler, de sorte que le domaine revient trop souvent à son possesseur en déplorable état, ce qui rend la nouvelle location difficile et impose au preneur des frais exorbitants. Le métayage^ usité autrefois beaucoup plus qu^aujourd'hui, mais qui est encore pratiqué dans le Limousin, en Provence, etc., constitue un régime plus satisfaisant au point de vue de la bonne tenue des terres, parce qu'il associe intimement le cultivateur et le propriétaire, en confondant très heureusement leurs intérêts au lieu de les mettre en antagonisme.

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