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CHAPITRE XIV. - L'EAU EN AGRICULTURE

minéralisées, chaudes si elles proviennent de grandes profondeurs : on rencontre cependant des cas où elles ont été aussi utilisées avec avantag-e ; c'est ainsi qu'on a cité déjà les puits artésiens du Sahara algérien, les fonlanili de la plaine lomharde... ; là aussi peut-être la culture intensive trouverait-elle de nouvelles et précieuses ressources : les puits instantanés, les forages, se prêtent à des tentatives de ce genre.

Parmi les eaux iisées^ utilisahles pour la fertilisation des terres après un premier emploi qui les a généralement chargées de matières organiques ou minérales, il convient de citer en première ligne celles qui proviennent du drainage^ toujours riches en nitrates et contenant aussi de la chaux, de la magnésie, du chlore, de l'acide sulfurique, de la silice, etc., que Ton perd trop souvent en les déversant au cours d'eau le plus proche, tandis qu'il y aurait avantage à les recueillir et à les employer en irrigations dans la plupart des cas. Viennent ensuite les eaux cFégout des villes, les eaux résiduaires de certaines industries, qui, se trouvant chargées de matières organiques en abondance, constituent de véritables engrais liquides d'une richesse exceptionnelle, et qui peuvent donner des résultats remarquables lorsqu'on en proportionne les doses à la faculté d'absorption du sol et qu'on a soin d'ameublir fréquemment la surface pour éviter le colmatage, favoriser l'incorporation des substances utiles, préparer leur transformation en principes assimilables. La pratique de l'emploi agricole des eaux d'égout remonte à une très haute antiquité ; on en a retrouvé des traces incontestables à Jérusalem ; leshuertas du midi de TEspagne ont été créées par les Maures; les fameux prés marcites des environs de Milan ont plusieurs siècles d'existence, et depuis plus de 150 ans la dune de Craigentinny a été transformée en prairie par Temploi des eaux d'égout d'Edimbourg : la nécessité qui s'impose aux grandes villes modernes d'épuiser l'énorme efflux d'eaux fermentescibles que débitent leur collecteurs, a donné une impulsion nouvelle à cet emploi judicieux des eaux usées ; Berlin et Paris envoient aujourd'hui sur des champs irrigués la totalité de leurs eaux d'égout, ainsi qu'un grand nombre de villes en Angleterre, en Allemagne, etc. Beaucoup d'eaux impures, résidus insalubres

d'industries diverses et dont l'écoulement dans les cours d'eau présente de graves inconvénients, sont rendues au contraire inoffensives pour les populations voisines, en même temps qu'utiles pour la culture, quand on les dirige vers les champs cultivés, 011 on les emploie en irrigations convenablement aménagées : tel est particulièrement le cas des eaux si riches en matières organiques et souvent si infectes qui s'échappent des distilleries, des féculeries, des sucreries, etc.

ItO. Eawx EBuisIMes. — Certaines eaux, en raison de leur composition particulière, par les matières de nature spéciale qu'elles renferment ou par la trop grande abondance de substances soit dissoutes soit simplement en suspension, produiraient des effets fâcheux, nettement nuisibles à la végétation, et ne peuvent en conséquence être utilement employées pour l'agriculture.

Telles sont, par exemple, les eaux boueuses, qui, parvenues au contact des plantes, tendent à les recouvrir de dépôts capables de s'opposer à leur développement : des eaux simplement trou^ bles, qu'on pourrait fort bien appliquer à la fertilisation des terres, sont elles-mêmes à écarter dans certains cas où les plantes, trop délicates, n'en supporteraient pas l'emploi ; c'est ainsi qu'on recommande de ne pas irriguer les prés au printemps avec des eaux limoneuses, pendant la première pousse de l'herbe, tandis qu'en hiver, pendant l'arrêt de la végétation, ou plus tard, quand les tiges ont grandi, ces eaux sont au contraire sans inconvénient. Des eaux trop minéralisées, des eaux acides ou contenant en excès des chlorures ou des sulfures, ne conviennent pas à l'irrigation des terres. Il faut proscrire également celles qui sont trop chargées de matières organiques, car elles « brûlent » parfois les plantes, au lieu d'en assurer la nutrition ou d'en favoriser la pousse, alors même que les matières qu'elles renferment ne sont pas nuisibles en soi, si bien qu'on peut les rendre utilisables en les étendant par simple addition d'eaux moins minéralisées; à plus forte raison doit-on rejeter celles qui contiennent des substances à réaction acide — c'est le cas des eaux tourbeuses chargées d'une forle proportion de tannin — ou difficilement

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