DEUXIÈME PARTIE
quemment de précieux services, et, fussent-elles limitées aux prairies, que ce seul usage justiOerait amplement les développements qu'on peut leur y donner et les sacrifices qui en sont la conséquence. Aussi convient-il de les encourager sous toutes les latitudes : si elles sont judicieusement appliquées, elles ne manquent pas de constituer partout une source de richesse pour l'agriculture ; de plus, en augmentant la production de la terre^ elles influent sur le commerce et l'industrie ; en améliorant les conditions d'exploitation du sol, elles tendent à augmenter le bienêtre des populations ; elles méritent assurément d'elre considérées comme un puissant moyen de progrès, comme un élément certain de prospérité.
Il n'est presque point de culture qui ne soit à même d'en tirer avantage. Les céréales elles-mêmes, qui ne semblent guère demander d'eau, profitent incontestablement d'arrosages donnés à propos, durant la péi'iode de végétation herbacée; elles profitent aussi de ceux faits en hiver, après les semis d'automne, et qui maintiennent le sol à une douce température en même temps qu'ils y accumulent des principes fertilisants ; d'ailleurs, parmi les céréales il en est qui ont plus besoin d'eau que les autres : le maz^, par exemple, plante plus aqueuse et plus volumineuse que le blé, prospère dans les terres irriguées, y prend très vite un magnifique développement, si bien qu'on tend de plus en plus à l'utiliser en vert, comme fourrage, même dans les régions où l'épi nevientpasà maturité ; quant au viz^ il ne pousse que dans Teau comme les roseaux, exigeant pendant toute la durée de sa végétation un sol recouvert d'une couche d'eau de Om. 15 à 0m.20 d'épaisseur et qui peut même atteindre 0 m. 40, pourvu qu'on puisse le mettre à sec au moment des labours et à l'époque de la moisson. Les légumineuses ^ telles que haricots^ fèves, pois, ne réussissent que dans un sol frais : quand on n'a pas d'eau à sa disposition, on peut sans doute, dans les régions tempérées, les cultiver sur des terres un peu argileuses, mais les résultats obtenus sont bien supérieurs lorsqu'on y consacre un sol léger sur lequel on pratique l'irrigation ; et, avec de l'eau en quantité suffisante, on obtient des récoltes dans les terrains les plus arides, jusque dans les graviers des torrents. Les racines aliynentaires,