CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS
fl4. liéiliocleis d'irri^atiosB . — La pratique normale de l'irrigation comporte l'établissement d'une double série d'ouvrages, destinés les uns à conduire Feau sur les terres qu'on veut arroser et à les répartir sur toute leur étendue, les autres à favoriser l'égouttement subséquent.
Dans quelques circonstances exceptionnelles, il est possible de renoncer aux ouvrages de la deuxième série, notamment quand le sous-sol est d'une perméabilité telle que Teau s'y infiltre rapidement et y disparaît^ sans qu'il y ait à en écouler aucune partie surabondante. Mais, dans le cas général, il n'en est pas ainsi; et, après avoir été dirigée par un réseau de conduits d amenée et de distribution^ convenablement disposés, en tous les points où elle doit apporter la fertilisation et la fraîcheur, l'eau doit être aussi recueillie par un réseau concordant de conduits d'égouttement ou de colatiire^ chargés de l'éloigner afin de protéger le sol contre l'excès d'humidité. Précisément les terres les plus favorables à l'irrigation sont celles oii cette disposition est indispensable, étant perméables à la surface et jusqu'à une certaine profondeur et devenant relativement compactes au-dessous, car l'eauy pénètre sans peine, imprègne tout le sol arable et y entretient la fraîcheur; mais, pour les maintenir en état de fertilité, y assurer le renouvellement de l'air, il faut qu'on y évite un séjour trop prolongé de l'eau et pour cela y assurer l'égouttement. On s'efforce fréquemment de réaliser ces conditions spéciales, au point de vue de la perméabilité, en ameublissant la couche superficielle sur une profondeur convenable, par un défoncement descendu jusqu'à 0 m. 60 et même 0 m. 80.
Ce sont les dispositions adoptées pour les deux séries d'ouvrages qui caractérisent les diverses méthodes d'irrigation. On peut les ranger en trois catégories, suivant que l'irrigation est pratiquée par submersion, ^diV déversement, ou par infiltration.
Quelle que soit celle de ces méthodes à laquelle on ait recours, il est un principe général auquel tout doit être subordonné dans l'application et qu'on énonce en ces termes : l'eau doit pouvoir arriver partout et ne séjourner nulle part. La première partie de cette règle n^a pas besoin d'être démontrée; quant à la seconde elle résulte de la pratique séculaire qui a fait ressortir l'avantage
du renouvellement rapide de l'eau d'irrigation, avantage si manifeste qu'on évite habituellement de pousser trop loin l'absorption des matières fertilisantes et qu'on préfère évacuer l'eau avant qu'elle soit complètement dégraissée, parfois mémo alors qu'elle conserve une forte proportion de substances utiles, au point qu^elle peut être employée une seconde, une troisième fois en arrosages successifs.
Le principe qui vient d'être rappelé explique l'influence bien connue de la pente du sol, qui accélère l'écoulement superficiel de l'eau et l'égouttement des terres, et dont on a tenu grand compte dans la disposition des vannages et l'aménagement des terres pour l'irrigation par déversement. Il ne doit pas être perdu de vue, quand on emploie les autres méthodes d'irrigation, plus particulièrement applicables aux terrains plats, où l'évacuation rapide doit être assurée par des moyens appropriés.
115. Irrigations par ji^nliinersion. — Le mode d'irrigation dit par submersion consiste à recouvrir d'une nappe d'eau toute la surface des terres, pendant un temps plus ou moins long.
L'eau peut y être tenue momentanément au repos ou animée d'une faible vitesse. Elle est conduite par une rigole d'amenée à la partie supérieure des parcelles à irriguer, qu'on a préalablement entourées chacune d'un bourrelet en terre, arasé suivant un plan horizontal; des branchements, disposés de distance en distance sur la rigole d'amenée, aboutissent à des ouvertures
pratiquées dans ces petites digues et répartissent Teau dans les diverses enceintes; vers le bas, d'autres ouvertures sont destinées à l'évacuation de l'eau surabondante vers la rigole de