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CHAPITRE XV. - IRRIGATIONS

colature. Les unes comme les autres peuvent être soit ouvertes et fermées à volonté, afin de procéder par alternance, soit tenues constamment ouvertes pour l'écoulement continu.

Simple et d'application facile, ce procédé n'exige de la part de celui qui l'emploie ni connaissances spéciales, ni habileté particulière. Appliqué en Espagne, en Algérie, dans le Midi de la France, aux terrains plats, il convient surtout aux rizières, aux plantes sarclées, aux céréales. On l'applique également aux prairies : dans ce cas les volumes d'eau employés en arrosages sont d'ordinaire considérables, et, comme d'autre part les ouvrages prennent un caractère permanent, comme le soi, rendu compact par renclievèlrement des racines, se prête peu à l'infiltration, les digues en terre doivent être tenues assez hautes et les rigoles recevoir des sections plus importantes.

Il arrive parfois, en particulier dans le voisinage des cours d'eau, que le terrain présente une pente vers la rigole d'amenée : on supprime alors la rigole de colature, et l'irrigation est obtenue en faisant gonfler l'eau dans la rigole d'amenée, par l'interposition de petits barrages en terre, qu'on enlève après un séjour suffisamment prolongé de l'eau, de manière à la laisser retourner à la rigole d'où elle provient et qui sert aussi à l'évacuation.

Le même dispositif simplifié est également applicable, quand on a un volume d'eau médiocre à répandre sur des terrains très absorbants oh il s'infiltre entièrement ; les ouvrages de colature deviennent alors inutiles. Dans les champs irrigués à l'eau d'égout de la ville de Berlin, on a constitué de la sorte des enceintes ou bassins, pourvus seulement de rigoles d'amenée, pour les irrigations d'hiver ; mais l'infiltration complète y est favorisée par un réseau de conduits souterrains formant drainage et qui peut être considéré comme une autre disposition des ouvrages habituels d'égouttement.

Lorsque Técartement entre les deux digues longitudinales supérieure et inférieure d^une enceinte irriguée par submersion dépasse 30 à 40 mètres, et que le terrain présente de l'une à l'autre une déclivité un peu prononcée, on intercale entre ces deux digues un ou plusieurs bourrelets intermédiaires, qui divisent l'enceinte en deux ou plusieurs étages et permettent de

réduire l'épaisseur de la tranche d'eau ainsi que la hauteur des levées de terre : on obtient delà sorte des rangées successives de parcelles, où l'on fait passer l'eau d'étage en étage, par des ouvertures pratiquées dans les bourrelets intermédiaires.

116. Ii*i*ii^»tiosif9 par déversement. — La méthode d'irrigation par déversement est d'une application générale pour les terrains dont la pente est suffisamment prononcée, c'est-à-dire atteint 0 m. 03 par mètre au moins.

Dans ce système, Teau est distribuée par des rigoles tracées à peu près suivant les horizontales du terrain, d'oii elle ne tarde pas à déborder vers Taval, pour ruisseler alors superficiellement jusqu'à la rencontre des rigoles de colature, tracées également suivant des horizontales et à des niveaux inférieurs. Une rigole maîtresse d'amenée alimente d'une part les rigoles de distribution ; un colateur principal reçoit d'autre part les eaux recueillies par les rigoles de colature. En disposant dans la rigole maîtresse d'amenée un petit barrage b, un peu au-dessous de Torigine d'une des rigoles de distribution, on y fait gonfler l'eau, de manière à la diriger vers cette dernière et à la déverser, pardessus son bord inférieur, sur la parcelle de terre qu'elle domine ; il suffit de déplacer le petit barrage pour obtenir le même effet sur une autre parcelle et ainsi de suite.

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