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CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS

Parfois, lorsque le terrain est suffisamment incliné, on supprime, entre les planches successives, les rigoles de colature et les petites digues en remblai qui les séparent d'ordinaire des rigoles voisines de distribution. Il n'y a plus alors, entre deux planches consécutives, qu'une rigole au lieu de deux, et cette rigole sert à la fois à la distribution de l'eau et à son évacuation : les terres qui en proviennent sont utilisées pour régler la surface de la planche immédiatement supérieure, de manière à former un ressaut entre elle et la planche suivante. On diminue de la sorte l'étendue des surfaces occupées par les rigoles et les bourrelets intermédiaires dans la disposition habituelle, réalisant ainsi, au profit de la culture, une économie sensible sur la superficie du terrain : mais cette économie est compensée par l'obligation d'un terrassement presque général, qui devient assez coûteux.

Quand la déclivité du sol est inférieure à 0 m. 03 par mètre, les résultats obtenus ne tardent pas àdevenir moins satisfaisants, et il convient de ne jamais descendre au-dessous de 0 m. 02. Si l'on ne recule pas devant les frais d'un terrassement important, il n'est pas impossible de se procurer encore, sur un terrain à pente insuffisante, les avantages de l'irrigation par déversement, en dressant la surface du terrain, de

manière à y constituer de toutes Z -—

pièces des planches, présentant des

inclinaisons artificielles de 0 m. 04 à 0 m. 08 par mètre et séparées les unes des autres par des ressauts très marqués : chacune de ces planches comporte une rigole de distribution à la partie supérieure et une rigole de colature vers le bas ; on lui donne une largeur multiple de Vandain^ afin que la récolte puisse se faire exactement par un nombre déterminé de passages de la faux; quant à la longueur, limitée seulement par la portée des rigoles, elle est souvent fixée à 20 ou 25 mètres.

119. Adois. — C'est la généralisation de ce mode d'aménagement des terres, amélioré d'ailleurs par groupement des planches deux par deux et dos à dos, pour la pratique des irrigations par déversement sur terrains peu déclives, qui constitue la méthode dite des ados.

Le sol est alors réglé sur toute son étendue en ados ou billons^ c'est-à-dire en planches doubles à deux versants opposés, qui figurent comme une série de toits aplatis, dont les lignes de faîte sont occupées parles rigoles de distribution^ et séparés entre eux par des sortes de gouttières, jouant le rôle de colateurs élémentaires. Quelle que soit la longueur des ados, chacun d'eux se termine vers l'aval par une croupe, au pied de laquelle court le colateur principal, tandis qu'il s'appuie à Pamont contre le talus qui porte la rigole maîtresse d'amenée de l'eau.

Les rigoles sont disposées en impasses, comme dans la méthode ordinaire par déversement, avec section uniformément décroissante pour celles de distribution et régulièrement croissante pour celles de colature; mais on leur donne habituellement des pentes un peu plus prononcées, particulièrement aux rigoles de colature, de sorte que la différence de niveau entre les rigoles parallèles de distribution et de colature va en augmentant légè-

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