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CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS

des rigoles d'une remarquable régularité et découpent la terre avec la précision qu'acquièrent les charpentiers dans le travail du bois. Mais il faut considérer ce cas comme exceptionnel et compter que, dans la grande majorité des applications, on devra procéder à des opérations préliminaires de levé de plan, de nivellement, de tracé et de report sur le terrain.

Un nivellement systématique delà surface est à recommander, quand on doit procéder à un terrassement général ; surtout s'il s'agit d^établirdes ados, une étude préalable s'impose, avec calcul des dimensions des planches, recherche du meilleur groupement, sans omettre l'obligation impérieuse d'une exacte compensation dans le mouvement des terres. iVu cas oii tout se borne au contraire à l'ouverture des rigoles d'amenée, de distribution et de colature, on entreprend directement le tracé, le piquetage et le nivellement des lignes correspondantes. Puis on aborde l'ouverture des chemins d^exploitation, et l'on passe ensuite à Texécution des terrassements, dont le trait caractéristique est qu'ils s'étendent à de grandes surfaces, mais se limitent à de très faibles épaisseurs, ce qui fait qu'ils appellent des procédés spéciaux et des engins différents de ceux employés sur les chantiers de travaux publics.

Souvent ces terrassements sont réduits à peu de chose : ils n'ont d'autre objet que de faire disparaître les irrégularités les plus marquées de la surface, saillies, ressauts, bosses, de combler les cuvettes ou dépressions naturelles. En général on cherche à réaliser, avec le moindre déplacement de terre possible, des surfaces continues, plutôt légèrement concaves, se raccordant entre elles par des courbes insensibles, en ayant soin de tenir les surfaces de remblai légèrement au-dessus du profil définitif, afin de parer par avance au tassement que subissent toujours les terres rapportées. Lorsqu'on doit remanier toute la couche superficielle du sol sur une profondeur plus ou moins grande^ notamment pour la création de séries d'ados, il faut relever d'abord et mettre en réserve, pour emploi ultérieur, la couche de terre végétale, si elle préexiste, en former des cavaliers, si elle est meuble, ou la découper par plaques, si elle est gazonnée : cela fait, on entame la couche sous-jacente soit à la pioche et à la pelle, soit

mieux au moyen de machines appropriées, scarificateurs pour la désag-régation du sol, pelle à cheval ou ravale pour l'ameublissemenl de la terre, charme niveleuse pour le règlement des surfaces. Si le sol n'a jamais été en culture, si, récemment déboisé ou couvert de bruyères ou d'ajoncs, il appelle un défrichement préalable, on commence par un labour profond.

Les rigoles se tracent au cordeau, quand elles sont droites, au moyen d'une rangée de piquets, si elles sont sinueuses. Si le terrain est gazonné, on coupe à la hache le bord opposé à celui qu'on a ainsi délimité; puis, ôtant piquets et cordeau, on coupe de même l'autre bord; on découpe alors la bande de gazon, au moyen de la bêche, en plaques à peu près régulières, qu'on enlève à l'aide d'un outil à lame recourbée : un homme fait aisément de la sorte 300 mètres de rigoles, de 0 m. 1 5 à 0 m. 25 de largeur et d'égale profondeur, en une journée de dix heures. Si le terrain n'est pas herbé, l'ouverture des rigoles se fait à la bêche ou avec des outils spéciaux, dits couteaux à rigoles^ qui permettent d'ouvrir la section entière d'un seul coup et de rejeter sur le côté les terres extraites. Dans les grandes exploitations où l'on a de grandes longueurs de rigoles en lignes droites et de sections régulières à ouvrir, il peut être avantageux de recourir à une charrue dite rigoleuse^ qui porte un soc en forme de bêche concave, précédé de deux autres écartés et légèrement inclinés, de manière à découper les rigoles en un seul passage : parfois aussi on se sert d'excavateurs, d'écopes à vapeur, notamment en Angleterre et aux Etats-Unis. La pente des rigoles se règle au niveau : c'est tout au moins le procédé le plus recommandable et qui comporte le plus de précision. Mais on emploie quelquefois encore le procédé antique, qui consiste à vérifier la pente en faisant suivre l'ouvrier par l'eau et s'assurant de la sorte de la possibilité de l'écoulement. Quelques petits ouvrages d'art rudimentaires se rencontrent assez souvent sur le parcours des rigoles : ce sont soit de petits gradins, le plus souvent en pierres sèches, au droit des chutes ou ressauts; soit des caniveaux maçonnés, des dallots, des buses, au croisement des rigoles maîtresses ou des chemins d'exploitation ; de petits barrages mobiles, etc.

Dans le cas très fréquent où les travaux d'aménagement

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