CHAPITRE XV. - IRRIGATIONS
suivant la nature du sol et des plantes, suivant les saisons, l'état de l'atmosphère, la température, etc., ou tout au moins une expérience pratique consommée, qui supplée à Tiusuffisance des notions agronomiques. Cette surveillance n'est efficace que si elle est constamment en éveil et sait parer à chaque instant aux incidents de tout genre, qui déterminent tantôt d'un côté tantôt de l'autre, ici des écoulements intempestifs, là des stagnations nuisibles, ailleurs des obstructions momentanées...
L'entretien comprend surtout les menus travaux de réparatioà des rigoles et leur curage périodique. Il faut en effet soigneusement prévenir l'encombrement, qui se produit si vite, dans cer^ taines sections de ces petits canaux, par le dépôt des feuilles mortes ou d'autres débris végétaux, par la pousse des mauvaises herbes, Téboulement des terres, etc. Il importe aussi de maintenir la régularité des surfaces irriguées, que tendent à détruire le piétinement des hommes et des animaux, le passage des voitures, le travail des taupes... Le curage des rigoles se fait d'ordinaire une fois par an, mais on est conduit à le renouveler plus fréquemment quand on irrigue au moyen d'eaux limoneuses, troubles, chargées de matières en suspension ; les produits eu sont d'ailleurs facilement utilisés pour le rétablissement des arêtes émoussées, le comblement des trous et dépressions, la régularisation des surfaces : quand la chose est possible, il est préférable de déplacer les rigoles de temps à autre, tous les deux ou trois ans par exemple; cela se fait surtout quand les terres sont irriguées par submersion ou infiltration, c'est plus difficile avec le système d'irrigation par déversement, c'est impossible dans le cas des ados. Quant aux petits terrassements, par lesquels on se propose de rétablir la régularité des surfaces, ils se font dans la majorité des cas au moyen des outils ordinaires, pelle ou pioche ; parfois on a trouvé avantage à se servir du rabot à terre traîné par un cheval, qui se compose simplement d'une sorte de cadre en bois, dont deux côtés forment patins, et qui porte une ou plusieurs lames inclinées en bois ou en fer pour attaquer les parties saillantes du sol et les faire disparaître. Il faut en outre combattre les plantes nuisibles, soit par l'apport d'engrais convenables, soit par des fauchages faits à propos