‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 283 sur 415 · CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS m

aiguilles à Fun ou à l'autre bord du pertuis et les retieniient, lorsqu^'on vient, en les soulevant, à les faire sortir de la rainure inférieure ; il suffît d'en ajouter ou d'en enlever quelques-unes pour faire varier dans une proportion connue la répartition du volume d'eau. Le second, employé au partiteur d'Elche sur le rio Vinolapo, a pour organe principal une sorte de bec mobile en bois, tournant autour d'un axe vertical fixe, par l'intervention duquel on fait varier les largeurs respectives de deux pertuis inégaux, séparés par la pile intermédiaire qui le porte ; on fixe le bec mobile dans une position quelconque, au moyen d'une goupille passant par un des trous pratiqués à cet effet dans une poutre disposée au niveau du bajoyer et transversalement au courant, et le débit correspondant est déterminé par l'épure arabe, dont le tracé

subsiste encore sur le bajoyer même. Dans la grande majorité des cas, les partiteurs mobiles ne sont autre chose que des barrages à ventelles ou martelières, dont on règle les vannes à volonté.

Le but qu'on se propose d'atteindre, dans la distribution des eaux d'arrosage, est très souvent de réaliser la délivrance d'un volume d'eau constant, dans une rigole d'alimentation, quel que soit le débit du canal principal qui la dessert. Ce résultat est obtenu en Italie, depuis le xvi^ siècle, par Temploi d'appareils appelés modules, que Soldati appliquait déjà en 1572 sur le Naviglio-Grande et dont plusieurs chartes signées par François règlent encore Fusage dans certaines parties du Milanais : ils comportent un orifice de dimension rigoureusement déterminée, par oia l'eau s'écoule sous une pression invariable, grâce à rintervention d'un réservoir, disposé entre le canal principal et la rigole d'alimentation, et où l'on maintient un niveau cou-

stant par la manœuvre de la vanne de prise ; celte vanne, qui glisse entre deux piliers en maçonnerie, commande un passage

d'eau dont la largeur est ordinairement égale à celle de la bouche d'écoulement ; entre la prise et cette bouche s'étend la chambre intermédiaire, formant réservoir, qui a en règle générale 6 mètres de longueur et une largeur supérieure à colle de l'orifice (souvent 0 m. 25 de plus de part et d'autre); le radier en est disposé suivant une rampe prosentant une déclivité totale de 0 m. 40, afin d'amortir la vitesse et les bouillonnements de Teau, et une sorte de plancher horizontal, établi à 0 m. 10 au-dessus du bord supérieur de la bouche d'écoulement, concourt au même effet eu supprimant le batillement superHciel ; une dalle plongeante, disposée un peu en arrière de la prise, est séparée des piliers de la vanne par un petit espace vide, qui sert à Tintroduction d'une réglette pour la vérification périodique du niveau ; quant à l'orifice d'écoulement, qui constitue le module proprement di(, il est découpé dans une plaque métallique et pi'ésente

normalement, en Lombardie, la forme d'un rectangle de 0 m. 15 de largeur sur 0 m. 20 de hauteur; sous la charge réglementaire de 0 m. iO, cet orifice débite le volume dénommé once de Milan ; lorsque l'usager a droit à plusieui s oîices, la largeur seule de l'orifice varie, et il reçoit autant de fois 0 m. 15 qu'il y a d'onces à fournir (1). Sur plusieurs

1. Ce système favorise les gros consommateurs, car le périmètre de rorifice sur lequel s'opère le frottement de la veine liquide n'est pas multiplié dans la proportion correspondante au nombre d'onces alloué et le rapport de ce périmètre à la surface mouillée va diminuant. Nadauld de Buffon a proposé de remédier à cet inconvénient en disposant, non pas un orifice élargi, mais autant d'orifices identiques qu'il doit y avoir de modules.

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