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CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS

tion, antérieurs à la Révolution française, on a conservé des unités spéciales, comme le « moulant d'eau », volume considéré comme capable de faire tourner une meule de moulin à blé (300 toises cubes par 24 heures), ou la c( meule » qui, dans Fancienoe province de Roussillon, était définie par Técoulement sous une charge d'une ligne à travers un orifice de 9 pouces catalans (0 m. 243) de diamètre.

Quant au prix de vente, il est naturellement en rapport avec le prix de revient de Feau, qui est lui-même fort variable^ d'oii les écarts considérables qu'on rencontre dans la pratique. C'est ainsi que, dans certaines régions privilégiées ou les dépenses de premier établissement faites anciennement sont amorties et oii la totalité des frais se réduit aux dépenses annuelles de curage et d'entretien, l'eau est délivrée à peu près gratuitement ou moyennant des redevances insignifiantes : c'est le cas pour plusieurs canaux d'irrigation des départements de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône. Certaines associations ont accordé aussi des privilèges aux porteurs de leurs actions ou obligations, d'autres aux cessionnaires des terrains traversés par les canaux ou rigoles, quelques-unes ont stipulé des redevances en nature portant sur une fraction de la récolte. Mais il ne faut voir là que des exceptions ; et, diaprés la tarification applicable sur la plupart des canaux français modernes, l'eau est généralement vendue à la surface arrosée, moyennant le prix de 30, 50, 70 francs par hectare, pour la fourniture d'un litre-continu en arrosages périodiques, et un prix habituellement plus élevé pour les eaux continues; ces dernières sont aussi fréquemment vendues au volume, à des prix qui peuvent atteindre jusqu'à 0 fr. 02 et même 0 fr. 05 le mètre cube au voisinage des villes. Pour que Firrigation procure aux cultivateurs de réels avantages, et en raison des travaux coûteux d'appropriation et d'entretien qu'elle comporte, il ne faut pas que le prix de Feau soit trop élevé : on peut admettre qu'en France le litre-continu ne doit pas, dans les cas ordinaires, être vendu plus de 30 francs par hectare, que le prix de 50 francs est un maximum, qu'au delà il constituerait une charge trop lourde à moins de circonstances locales particulières.

Eq Italie, la base des contrats d'irrigation était autrefois Vonce^ qui variait d'ailleurs d'une région à une autre : l'once de Milan, définie précédemment, équivaut à 37 litres-continus, l'once de Piémont à un peu plus de 28 litres, l'once de Crémone à 46 litres environ ; la « quadretta », unité à Mantoue, Vérone^ était une mesure analogue. Sur les grands canaux domaniaux, la mesure légale est aujourd'hui le module italien^ qui équivaut à un débit de 100 litres par seconde. La distribution se fait ordinairement de manière continue en hiver et dans la première période d'arrosage ; elle devient discontinue et s'opère par rotation, suivant un horaire déterminé, dans la période d'été, du 11 juin au 15 septembre. Le prix de 1.200 francs l'once milanaise, qui est souvent pratiqué, correspond à 32 fr. 44 le litre-continu.

En Espagne, où subsistent d'anciennes coutumes locales dont certaines remontent au temps des Maures, la variété est grande dans les modes de livraison et de vente de Teau d'irrigation. Il est des cas oii la répartition est laissée à l'appréciation des syndics ou inspecteurs, d'autres oii l'eau attachée à la terre ne peut être vendue qu'avec elle, d'autres encore oii Ton vend aux enchères des bons d'arrosage. ...Les mesures les plus usitées, de dénominations et de proportions très diverses, ont pour base, comme le pouce fontainier ou l'once, un écoulement continu à travers un orifice de section déterminée : le « real fontanero » représente à Madrid un volume de 3.245 litres par 24 heures et à Malaga de 1.200 seulement, la « pluma » équivaut à 2.160 litres à Barcelone et à 7.884 à Mateno ; la « mula», la « hila », le (( cuarto » ont aussi des valeurs différentes suivant les régions. La variété est grande aussi dans les prix : très bas là oii les irrigations remontent à plusieurs siècles et où les eaux sont abondantes, comme à Valence où l'on ne paie que 2 à 4 francs par hectare, notablement plus élevés dans les contrées où l'eau est rare, ils atteignent parfois un taux exorbitant dans celles où, comme à Lorca, Teau est disputée en temps de sécheresse ; en quelques points, la redevance est d'une fraction de la récolte ; sur les canaux importants, la tarification est souvent fixée à l'hectare, et l'arrosage se paie 18 à 50 francs ; certains syndicats fixent le prix de

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