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CHAPITRE XV. — IRRIGATIONS

Teau en assemblée générale, et ce prix se décompose en redevances ordinaires et extraordinaires, qui représentent, dans les grandes huertas de l'Andalousie, de 30 à 60 francs par hectare.

Dans rinde l'eau se paie le plus souvent à la surface arrosée et à des taux variables, suivant la récolte, qui font ressortir un prix de 12 à 35 francs par hectare.

185. Grandes eutt*epi*ifiics d'ii*r£g;atioii. — L'amenée de volumes d'eau importants en vue de l'irrigation comporte souvent des travaux considérables, qui dépassent les ressources de simples particuliers et appellent des efforts collectifs. Les administrations publiques ont fréquemment intérêt à entreprendre de semblables travaux : elles sont assurément dans leur rôle quand elles prennent ^initiative et supportent les charges d'opérations destinées à fournir de nouveaux éléments de prospérité et à augmenter la richesse du pays ; et, si elles n'en retirent pas toujours d^avantages directs, elles y trouvent, dans la plupart des cas et sous mille formes, de larges compensations à mettre en regard des sacrifices consentis, ainsi que le faisait ressortir avec force en 1889 un spécialiste en la matière, l'ingénieur Llaurado, qui donnait en exemple l'accroissement considérable de revenu obtenu dans la vallée de l'Ebre par l'Etat espagnol^ en suite du développement de la culture qui a été la conséquence de l'établissement du canal impérial d'Aragon, auquel le trésor a contribué pour 20 millions de francs sur 25. On pourrait citer également, dans le même ordre d'idées, les magnifiques résultats obtenus par le gouvernement anglais dans l'Inde, oii des centaines de millions de francs ont été dépensés pour l'extension des irrigations sur d'immenses surfaces et où ces dépenses ont été rémunérées par des accroissements de revenus qui ont généralement dépassé 5 0/0 du capital : ces résultats si brillants n'ont pas peu contribué sans doute à déterminer le même gouvernement à entreprendre, en Egypte, des travaux gigantesques pour une meilleure utilisation des crues du Nil, dont les nouvelles digues d'Assiout et d'Assouan vont étendre les bienfaits sur de vastes régions précédemment incultes et désertes.

Si les pouvoirs publics ne prennent pas eux-mêmes en mains les travaux de cet ordre, ils doivent pour le moins en favoriser de toutes manières l'exécution par les entreprises privées — associations ou compagnies — et leur venir particulièrement en aide par Toctroi de privilèges,, tels que le droit d'expropriation pour cause d'utilité publique, par des encouragements matériels et moraux, enfin et surtout par Tallocation de fonds de concours, de subventions suffisamment larges, qui ne constituent en général que des avances, destinées à être couvertes dans l'avenir par la plus-value des impôts, qu'une culture plus intensive et le développement consécutif de la population ne tardent pas à déterminer dans la plupart des cas. Cette intervention pécuniaire des pouvoirs publics est d'autant plus nécessaire que bien souvent les cultivateurs intéressés, ayant eux-mêmes à s'imposer de lourdes dépenses d'aménagement de leurs terres, ne peuvent supporter que des redevances très modérées, absolument insuffisantes pour couvrir les frais d'établissement et d'entretien des ouvrages, et que, à défaut de subventions, beaucoup de ces entreprises ne seraient pas viables. Plus d'une, engagée dans des circonstances apparemment les plus favorables et d'après des prévisions optimistes, a néanmoins, et malgré les subventions obtenues, traversé des périodes difficiles et même finalement échoué : diverses concessions de canaux d'irrigation français notamment ont encouru la déchéance, provoqué forganisatioii de séquestres, et n'ont pu finalement subsister qu'après une réadjudication, qui a consacré la perte totale du capital primitif; malgré ces insuccès, dont il convient de tenir grand compte dans la conception d'autres combinaisons analogues, il n'en faut pas moins considérer des entreprises, telles que celles du canal du Verdon dans la vallée de la Durance ou du canal de Saint-Martory dans celle de la Garonne, comme de puissants moyens d'amélioration culturale et de progrès. Si l'on doit attribuer parfois ces échecs soit à l'insuffisance des quantités d'eau réellement disponibles, soit à un dépassement considérable des dépenses effectives sur les prévisions, il faut en chercher bien souvent la cause principale dans l'inertie des intéressés euxmêmes, plus fréquente qu'on ne pourrait croire, et qui tient non

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