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RÉPARTITION NATURELLE DES EAUX

des plus considérables. Londres, Bruxelles, Rome... ont construit pour servir de collecteurs de longues galeries souterraines; Paris en possède de si remarquables que le public se presse depuis 1867 aux visites que l'on y a organisées et oii 600 personnes sont admises chaque fois à y circuler dans des wagons et des bateaux mûs par Télectricité. Berlin^ Francfort, Marseille... sont pourvues de réseaux d'égouts complets qui desservent toutes les parties de chacune de ces grandes agglomérations. Des réglementations spéciales, des lois même ont été édictées pour rendre obligatoire l'écoulement à l'égout des eaux pluviales et ménagères, et des eaux résiduaires des usines, pour étendre cette obligation aux eaux-vannes chargées des matières de vidange.

Puis, à mesure que le déversement des masses d'eaux sales ainsi recueillies provoquait la contamination croissante des cours d'eau, de nouvelles préoccupations se sont fait jour ; d'une part l'agriculture voyait à regret la perte de tant de matières fertilisantes dont l'utilisation lui serait précieuse, de l'autre la salubrité publique en réclamait instamment l'épuration de plus en plus complète ; et Ton s'ingéniait à satisfaire à ces deux ordres de considérations,, en apparence contradictoires mais nullement inconciliables, par des travaux multiples et des efforts incessants,

4. RépartHion naturelle des eauiK. — A la surface du globe Teau occupe une étendue considérable, et l'observation montre qu'elle y est animée d'un mouvement continu. Un échange s'opère sans cesse entre la terre et l'atmosphère qui l'entoure : sous l'influence de la chaleur solaire, aussi bien sur les continents que sur Timmense superficie des mers, Teau est transformée peu à peu en vapeur ; débarrassée alors de toutes les impuretés dont elle était chargée, elle va se mélanger à l'air; puis lorsque, par l'effet successif de Févaporation, la tension de la vapeur dans Tair dépasse certaines limites, un phénomène inverse, une condensation se produit, et il se forme des nuages qui sont entraînés au loin parles vents et les courants atmosphériques jusqu'à ce qu'ils se résolvent en pluie, en neige, en grêle. Les eaux météoriques — c'est ainsi qu'on dénomme celles qui tombent du ciel — se

INTRODUCTION

divisent lorsqu'elles atteignent le sol en trois parties : Vune s'évapore immédiatement et retourne directement à l'atmosphère ; une autre pénètre à l'intérieur du sol, dans les pores de la terre, par infiltration, pour former les nappes souterraines et les sources; la troisième s'écoule superficiellement, ruisselle^ à la surface des terres, pour former les cours d'eau, ruisseaux, torrents, rivières, fleuves, et, grossie sur son parcours de l'apport des eaux souterraines, chargée de matières minérales et organiques recueillies au passage,, elle va se jeter à la mer pour y subir à nouveau le phénomène de Févaporation. C'est un cycle complet qui recommence indéfiniment, une évolution perpétuelle qu'un de nos vulgarisateurs a justement comparée à une distillation continue « dans ce grand alambic de la nature, dont le foyer est le soleil, l'atmosphère le condenseur et la terre le récipient » ^

Devenue banale aujourd'hui, l'idée de ce mouvement circulatoire nous apparaît comme une sorte de lieu commun, accepté par tout le monde sans difficulté. 11 n'en a pas toujours été ainsi ; car, si Ton en trouve la trace dans un passage de YEcclésiaste^ si quelques esprits supérieurs l'ont accueillie volontiers, comme Bernard Palissy dans ses « discours admirables de la nature des eaux et fontaines », d'autres, et non des moindres, ignoraient ou répudiaient cette théorie : Pline croyait que les sources proviennent de la mer^ dont l'eau en s'infiltrant à travers les terres s'y débarrasserait de ses principes salins; Bacon se ralliait à cette idée ; Descartes admettait encore que « les eaux pénètrent par des conduits souterrains jusqu'au-dessous des montagnes, d'oii, la chaleur qui est dans la terre les élevant en vapeur vers leurs sommets, elles y vont remplir les sources des fontaines et rivières»; à la fin du xvni® siècle, au commencement du xix^, on discutait encore sur l'absorption de l'air par la terre et sa transformation en eau ! Il a fallu les découvertes de la chimie et de l'hydrologie modernes pour dissiper tous les doutes.

C'est donc pour nous une vérité évidente et fondamentale que l'origine des eaux qui se trouvent à la surface ou dans les profon-

(1) Louis Figuier, Merveilles de Vindustine : Veau.

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