‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 4 sur 415 · AMÉNAGEMENT DES EAUX · texte numérisé non relu

AMÉNAGEMENT DES EAUX

deurs du sol doit être cherchée dans les eaux qui tombent du ciel et réciproquement.

Or la répartition des eaux météoriques sur la terre est essentiellement variable. Elle dépend à la fois des circonstances atmosphériques « — direction et intensité des vents, qui intluent sur le déplacement des nuages^ hauteur de la température, qui favorise plus ou moins Févaporation — du climat, plus ou moins sec ou pluvieux suivant les régions, du relief du sol, qui détermine les versants, les vallées,, les thalwegs, de sa constitution géologique, puisque l'infiltration augmente ou diminue avec la nature des couches dont le sol est composé, avec leur porosité plus ou moins grande ou, suivant le terme consacré, leur perméabilité.

Il en résulte nécessairement qu'en certains points et à certaines époques il y a surabondance d'eau, excès d'humidité, tandis qu'il y a manque d'eau, sécheresse ailleurs.

5. Aménagement des eanx. — On conçoit sans peine que l'homme ait de bonne heure compris le grand avantage qu'il aurait à corriger parfois les inconvénients résultant des inégalités de la répartition naturelle des eaux et que, par Texécution de travaux appropriés, il ait cherché, dans la mesure de ses forces, soit à se procurer les eaux utiles, soit à se débarrasser des eaux nuisibles. Tel est l'objet de X aménagement des eaux.

lia suffi parfois d'un oubli momentané de cette préoccupation, ainsi qu'il est arrivé par exemple lors du déboisement des forêts^ qui retiennent les terres sur les pentes des montagnes et s'opposent au ruissellement trop rapide des eaux sauvages, pour amener la ruine de régions entières, complètement dénudées aujourd'hui, et qu'on peut considérer comme des « pays morts » suivant ^énergique et terrifiante expression d'un rapporteur du Congrès de Tutilisation des eaux en 1889 \ Tandis qu'ailleurs on a su créer fréquemment des ï'ichesses nouvelles et considérables en procédant au dessèchement de marais stériles et malsains, en défendant contre les inondations périodiques des terres fertiles oii la culture était impossible,. en utilisant les eaux chargées de ma-

(1) M. Cotard.

INTRODUCTION

tières fertilisantes au lieu de les laisser écouler au loin sans profit et quelquefois non sans inconvénient pour les populations riveraines des cours d'eau. « L'aménagement de l'eau dans son acception la plus large », a dit un agronome italien \ « constitue la base de toute agriculture raisonnée. »

Peut-être l'oubli complet des préceptes de Fédilité romaine a-t-il plus puissamment contribué que l'invasion même des barbares à la disparition de telle ville florissante de l'antiquité. Et par contre on a vu de nos jours les maladies transmissibles,

comme le choléra ou la fièvre typhoïde, cette dernière surtout, la plus répandue d'entre elles, reculer à mesure du développe-

(i) Berti-Pichat. Voir Ronna, Les irrigations^ tome I, 3.

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