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CHAPITRE XVII. — DESSÈCHEMENTS

orîenlale de la Corse : sur un point, pour le comblement de l'étang- de Ziglione, M. l'ingénieur Delpit a préconisé et fait approuver en principe un procédé qui consisterait à réaliser artificiellement un colmatage, en établissant, à 1.500 mètres en amont de l'étang, un chantier de délayage, où des sables fins coquilliers, désagrégés par labourage à vapeur, seraient mis en suspension dans Feau que peut fournir un canal d'arrosage voisin et entraînés par cette eau même jusque dans la dépression occupée par Fétang ; sur un autre point, les marais du Taravo, d'une étendue de 30 hectares, ont été littéralement remblayés au moyen d\m terrassement ordinaire, qui a consisté dans le transport au tombereau, à une distance moyenne de 200 mètres seulement, de 64.000 mètres cubes de terres légères et de sables g-ranitiques empruntés au voisinage.

Dans la plupart descas, ce moyen serait beaucoup trop coûteux^ et il n'est pas possible d'y songer. On se propose alors de débarrasser les dépressions marécageuses des eauxqui les envahissent, sans en modifier la configuration ; à cet effet on emploie, selon les circonstances, trois procédés différents :

si la disposition des lieux est telle que, moyennant des travaux destinés à triompher de l'obstacle naturel ou artificiel qui s'oppose à l'écoulement des eaux, on puisse trouver pour ces eaux un débouché permanent vers une nappe d'eau superficielle, située à un niveau constamment inférieur, on constitue un dessèchement ^div écouletnent continu ;

si cette nappe d'eau superficielle a un niveau variable, tantôt inférieur et tantôt supérieur au plan d'eau du marais, auquel dans ces conditions elle ne peut fournir qu'un débouché intermittent, on retient momentanément les eaux surabondantes, pendant la période où ce niveau ne se prête pas à leur évacuation, et Fon déverse les eaux ainsi emmagasinées durant la période suivante, où la nappe se tient au contraire suffisamment bas pour les recevoir, réalisant de la sorte un écoulement discontinu ;

enfin, quand il n'existe, au voisinage de la cuvette où les eaux nuisibles s^accumulent, que des nappes superficielles dont le plan d'eau est constamment plus élevé, Fécoulement par gravité se trouvant impossible, il faut nécessairement recourir à Y élévation mécanique.

t3G. Hatui'C et dispositions générales des ouvrages. — -

Quel que soit le procédé auquel on ait recours pour réaliser le dessèchement des marais, il faut toujours, d'une part, limiter au minimum le volume d'eau à évacuer, en s'opposaiit à l'afflux des eaux extérieures, et, de l'autre, faciliter l'écoulement rapide de toutes les eaux intérieures vers le débouché : le premier de ces deux objets est atteint par l'établissement d'un canal de ceinture^ qui entoure la dépression qu'on se propose d'assécher et se développe à un niveau convenablement déterminé pour que les eaux qui y sont reçues trouvent en tout temps un écoulement facile; le second est réalisé par l'ouverture de rigoles^ tracées de manière à constituer par leur ensemble un réseau^ capable d'assurer la collecte systématique des eaux pluviales et autres, qui tendent à s'accumuler dans l'intérieur du périmètre délimité par le canal de ceinture, et de les amener jusqu'à l'origine des ouvrages d'évacuation.

A ces ouvrages généraux il faut ajouter, dans le cas de l'écoulement discontinu, une capacité susceptible de recevoir l'apport du réseau de rigoles durant les interruptions forcées de l'écoulement : souvent cette capacité est fournie par le réseau lui-même, les sections des rigoles et canaux ayant été spécialement calculées en vue de remplir le but dont il s'agit ; lorsqu'il n'en est pas ainsi, il devient nécessaire de disposer, dans une partie convenablement choisie de la dépression naturelle, un bassin régulateur, oh puisse être constitué une sorte de lac à niveau variable, dont les bords soient assez escarpés pour ne pas demeurer à Tétat de marécages. L'addition d'un semblable bassin peut être également utile dans d'autres cas, pour recevoir les afflux d'eau exceptionnels par les temps pluvieux ou durant les saisons humides, parer aux insuffisances momentanées ou aux défaillances accidentelles des ouvrages d'évacuation, régulariser en un mot le fonctionnement de ces ouvrages spéciaux.

Ceux-ci sont de nature diff"érente suivant le procédé adopté : canal émissaire, à ciel ouvert ou en souterrain, pour l'écoulement conimn^ appareil d' évacuation à fonctionnement alternatif, et réglé par les variations de niveau de la nappe superficielle, dans le cas de l'écoulement discontinu, engins élévatoires, lorsqu'il faut recourir au refoulement mécanique des eaux.

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