‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 306 sur 415 · CHAPITRE XVIl. - DESSÈCHEMENTS · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIl. - DESSÈCHEMENTS

Le canal de ceinture est toujours une rig-ole en terre, dont la section est calculée de manière que le plan d'eau s'y tienne à hauteur convenable pour ne point trop assécher les terrains supérieurs ni rendre humides ceux d'aval. Son débit probable se déduit, soit des observations pluviométriques opérées dans le bassin, soit du jaugeage des cours d'eau affluents; il convient d'ailleurs que la vitesse y soit réglée de manière à ne provoquer ni corrosion des talus ou du radier en terre, ni dépôt des matières en suspension ; c'est d'après cette double condition qu'on détermine les pentes du profil en long. La coupe transversale figure d'ordinaire, comme pour toutes les rigoles en terre, un trapèze à base horizontale, dont les côtés sont inclinés k 1 pour 1 ou 3 pour 2 ; souvent on y ajoute un élargissement formant lit majeur pour le cas des crues et parfois même des

bourrelets, limitant le débordement exceptionnel des eaux au delà du lit majeur ; les parties de la section qui ne sont couvertes que rarement par les eaux se prêtent à l'établissement de prairies. Les eaux recueillies par le canal de ceinture sont conduites par la gravité jusqu^à la nappe superticielle qui doit les recevoir : elles sont parfois utilisées, si les circonstances locales s'y prêtent, pour l'irrigation de la surface asséchée, qu'elles dominent et dont elles peuvent favoriser de la sorte l'utilisation agricole; parfois aussi pour la production de force motrice.

A l'intérieur de la surface entourée par le canal de ceinture, le réseau des rigoles de dessèchement comporte un ou plusieurs troncs communs d'évacuation, ou rigoles principales, d'oij se détachent des branches secondaires, qui elles-mêmes se subdivisent en ramifications tertiaires. Toutes sont de simples fossés, creusés assez profondément dans le sol, sans toutefois dépasser d'ordinaire 2 m. 50 afin de ne pas pousser trop loin l'assèchement. Ce même réseau de rigoles peut être utilisé, dans les périodes sèches, pour l'amenée et la distribution des eaux d'irrigation^ lorsqu'il en est fait emploi après la mise en culture.

L'exécution de ces canaux et rigoles de dessèchement, ne comportant que de simples terrassements, n'appelle pas d'indications spéciales : il convient seulement de signaler qu'il y a généralement au cours de ces travaux des précautions particulières à prendre, pour protéger les populations du voisinage et plus encore les ouvriers occupés sur les chantiers contre le danger des fièvres paludéennes, d'autant plus redoutable que le climat est plus chaud, la saison plus sèche, les vents plus fréquents et plus intenses. Ces précautions sont analogues à celles qu'on a déjà recommandées plus haut à propos des curages : en outre on évitera, surtout pendant les chaleurs, de mettre à découvert une grande surface de marais ; et, si c'est possible, on fera sur les parties desséchées des plantations d'eucalyptus ou autres à végétation rapide.

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