CHAPITRE XVII. - DESSÈCHEMENTS
acheté les droits de ]a famille du maréchal, dont les entreprises successives, bien qu'aidées par des spécialistes affiliés à l'Association pour le dessèchement des marais, se heurtant aux diffi-^ cultés inhérentes à l'opération en même temps qu'à des résistances locales^ étaient demeurées finalement infructueuses : ces marais occupaient, sur une superficie de 7.200 hectares, l'emplacement probable d'un ancien lit du Rhône; et Fou n'en a eiî raison que par la création d'un double système de canaux abou° tissant au Rhône de part et d'autre, qui a enfin rendu à la culture celte région sise au nord-est du département de l'Isère. De même, le dessèchement des marais d'Arles n'a été complètement réalisé qu'après l'ouverture du canal d'x\rles à Bouc en 1827 ; et cependant ces anciennes lagunes, transformées en marécages par la fermeture des communications avec la mer, avaient été l'objet d'essais de dessèchement dès le moyen âge; le corps de vuidange, le canal du Vigueirat remontent à plusieurs siècles ; Bradley, appelé dès 1606 à Arles, sur Tavis du président du Vair^ n'avait pu faire adopter ses projets ; mais un membre de l'Association qu'il avait créée, Van Ens, avait traité avec les intéressés en 16i2 et ouvert deux grands canaux, dans la direction du golfe de Fos ; ses successeurs, Herwarth, Jean Hœufft, etc., avaient continué l'œuvre à travers maintes péripéties et de nombreux procès ; des inondations répétées avaient tout remis en question. Ces marais forment trois groupes importants : deux sur la rive droite du Rhône, avec une surface de 16.220 hectares, reçoivent les eaux d'un bassin versant de 93.000 hectares; le troisième, dit des Baux, sur la rive gauche, n'a que 1.825 hectares de superficie, mais son bassin versant en comprend 24.500 ; pour les deux premiers il n'a pas fallu ouvrir moins de 77 kilomètres de grands canaux, de 12 à 15 mètres de largeur, et 48 kilomètres de canaux secondaires, avec 39 ponts, 12 écluses, etc. ; le troisième comporte un bassin régulateur de 4 millions de mètres cubes de capacité ; le débit normal atteint 53 mètres cubes sur la rive droite et 17 sur ia rive gauche; on conçoit que la dépense a été fort élevée, on peut admettre toutefois qu'elle est couverte par les plus-values considérables qu'elle a permis de réaliser. Le dessèchement des marais de la Camargue a élé réalisé de même