‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 309 sur 415 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

depuis 1880 par le simple creusement de canaux aboutissant à l'étang" de Valcarès, ancienne lagune, séparée de la mer par une digue littorale, à travers laquelle un pertuis avec vannage permet l'écoulement des eaux surabondantes.

Il y a des cas, au contraire, où Tobstacle naturel à vaincre est une ligne de collines ou de montagnes, barrant toute issue aux eaux q^ue reçoit une dépression en forme de cuvette plus ou moins profonde^ alors qu'il existe d'autre part des nappes superficielles à un niveau inférieur, vers lesquelles ces eaux pourraient être évacuées: la solution est alors tout indiquée, c'est le percement d'un aqueduc souterrain ; mais la difficulté réside dans l'exécution d'un pareil ouvrage, de longueur parfois considérable, à travers des terrains plus ou moins compacts, et dans la dépense généralement très élevée qui en résulte. On a desséché par ce procédé, en 1850, le plateau de Champline^ qui forme une cuvette, séparée de la vallée du Doubs par les collines du Lomout, 011 les eaux, n'ayant d'autre moyen naturel d'évacuation que des entonnoirs, ou des fissures à travers le rocher fendillé, inondaient deux ou trois fois par an les bas-fonds sur une étendue de 225 hectares: un tunnel maçonné, de quelques centaines de mètres de longueur, capable de débiter 19 mètres cubes à la seconde, a été percé à cet effet dans le calcaire oolithique. Le même moyen a permis de créer de belles cultures irriguées à l'emplacement de l'ancien lac Stymphale^ dans le Péloponnèse, où s'accumulaient les eaux abondantes des sources de Kionia, dont les fissures du terrain, ou kaiavothres, étaient impuissantes à évacuer le produit.

A ce type de dessèchements se rattachent les belles opérations du lac Fucino, en Italie, et du lac Copaïs^ en Grèce. La première avait déjà été réalisée à l'époque romaine : Tempereur Claude avait fait exécuter à cet effet, par 30.000 hommes sous la direction de l'affranchi Narcisse, un souterrain de 5.700 mètres de longeur, percé, pour la majeure partie, dans le roc dur, dans l'espace de onze années, et par le moyen de 40 puits ou galeries inclinées, atteignant jusqu'à 120 mètres de profondeur; obstrué par des éboulements à plusieurs reprises, réparé sous les règnes deTrajan et d'Adrien, ce souterrain s'était comblé peu à peu et

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