CHAPITRE XVIL - DESSÈCHEMENTS
le pays avait repris au moyen âge son insalubrité primitive, le lac reconstitué couvrait une superficie de 15.000 hectares, au centre d'un bassin de 65.000 hectares, complètement entouré de hautes montagnes, et les variations du plan d'eau, qui atteignaient jusqu'à 12 mètres, étaient une cause permanente de fièvres paludéennes qui décimaient la population attirée dans le district d'Avezano (à 86 kilomètres au sud de Rome et 150 au Nord de Naples) parla fertilité du sol; un riche particulier, le prince Torlonia, entreprit, avec ses seules ressources, de recommencer l'opération colossale qu'avait réalisée l'empereur Claude et devant laquelle avaient reculé les rois de Naples; les travaux, commencés en 1851, sous la direction de l'ingénieur français de Montricher, l'auteur du canal de Marseille et de l'aqueduc de Roquefavour, furent achevés par ses successeurs, deux Français aussi^ Bermont et Brisse ; le nouveau souterrain, ouvert, comme l'ancien, sous le mont Salviano et vers le fleuve Liri, à l'aide des puits antiques,
mais avec une section plus considérable (19 mètres carrés au lieu de 5) et à un niveau inférieur, sur 6.300 mètres de longueur, se prolonge en amont par un canal émissaire de 15 mètres de largeur au plafond et 8.000 mètres de longueur, avec pente de 0 m. 14 par kilomètre, oi^i 650 kilomètres de rigoles et de fossés viennent déverser les eaux recueillies sur toute la surface envi-
ronnanle, et qui communique avec un bassin régulateur d'une capacité de 55 millions de mètres cubes. Ces travaux gigantesques
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ont déterminé la conquête de 15.775 hectares de terres, dont 1.600 ont dû être abandonnés aux communes ; ils n'ont pas coûté moins de 43 millions de francs, y compris les ouvrages accessoires et notamment un réseau de routes agricoles de 210 kilomètres de développement, soit plus de 3.000 francs par hectare ; mais ces énormes sacrifices sont compensés par la fertilité extrême de ces terres et surtout par ^amélioration de la salubrité du pays, d'oii les fièvres ont disparu et où la mortalité est tombée au-dessous du chiffre moyen de l'Italie tout entière.
Le lac Copaïs, sorte d'immense marécage qui couvrait jusqu'à 25.000 hectares en Béotie,au nord de Thèbes,et recevait les eaux d'un bassin de200.000 hectares, n'avait d'autre issue vers le détroit de Nègrepont que des katavothres ou larges fissures dans le massif montagneux, où se trouvent deux autres lacs, beaucoup plus petits mais profonds, le Likéri et le Paralimni, qui occupent des entonnoirs à parois escarpées ; bien que de tout temps les fièvres aient ravagé la contrée, il ne parait pas que les anciens aient tenté ni même conçu le dessèchement, qu'il était réservé encore à des Français de proposer et d'accomplir; Tidée en est due à Sauvage, ingénieur des mines, qui en a signalé l'utilité et la possibilité en 1846 ; le projet en a été étudié par un ingénieur civil, MoulC;, qui, en 1879, traça des émissaires destinés à écouler les eaux à la mer, par Fintermédiaire des deux lacs inférieurs, à travers les seuils rocheux ; les travaux furent entrepris et menés en grande partie à bien par une compagnie française, qui les avait confiés à deux ingénieurs des ponts et chaussées, MM.Taratte et