CHAPITRE XIX. — FIXATION DES DUNES
qu'on pourrait sans doute étendre de proche en proche cette stabilité, si Ton parvenait à provoquer sur les dunes le développement de plantes vivaces et robustes, dont les racines retiendraient et fixeraient les sables ; et, pour y parvenir, il se proposa non seulement dV faire des semis et des plantations^ mais avant tout d'établir des ouvrages de défense capables de protéger les surfaces sur lesquelles on tenterait les semis, puis de garantir les jeunes plants contre les effets du vent, jusqu'à ce qu'ils eussent pris assez de vigueur et poussé des racines assez profondes pour résister par eux-mêmes et pour s'opposer à la désagrégation des sables.
C'est d'après ces vues que les travaux ont été commencés en 1787 sous la direction même de l'ingénieur qui en avait tracé le programme : interrompus en 1789 et en 1793, définitivement repris en 1801, ils ont été continués depuis lors sans interruption ; et Brémonlier, qui est mort en 1830 à l'âge de 92 ans, a eu la satisfaction d'en constater le succès et d'en recueillir la gloire : un modeste monument, simple buste en bronze sur un socle de pierre, lui a été consacré, au centre d'un des carrefours de la ville d'hiver, par les habitants d'Arcachon reconnaissants ; un petit musée qui porte son nom, renferme les modèles des ouvrages qu'il a conçus et exécutés.
Actuellement, toute la zone des dunes de Gascogne est couverte de magnifiques forêts de pins, sans que la dépense ait dépassé en général 100 à 150 francs par hectare : c'est donc au prix de sacrifices fort modestes qu'on a créé cette nouvelle richesse nationale. Dès la sixième ou septième année, après les semis^ on peut éclaircir les plantations, et le produit couvre à peu de chose près déjà l'intérêt du capital qu'on y a consacré : à partir de ce moment, les revenus vont croissant ; au bout de vingt ans, chaque hectare compte de 500 à 1.000 pieds d'arbres de 0 m. 20 à 0 m. 35 de diamètre, en état d'être exploités chaque année \>d.x gemmage, pour l'extraction de la résine, du mois de février au mois d'octobre ; le gemmage se pratique sur les arbres de 20 à 70 ans ; au delà de cet âge, on les abat et on utilise le bois, qui, malgré l'exploitation de la sève, n'en conserve pas prioins une certaine valeur, car il se prête bien à l'injection de
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matières anlisepliques et peut être utilisé à la confection de traverses de chemins de fer, de poteaux télégraphiques, de pavés, etc. On peut évaluer de 0 fr. 25 à 0 fr. 50 par pied le produit de la résine ; et chaque hectare de forêt doime en outre moyennement par an quatre à six stères de bois.
150. Oui'ragesi de défeiif^e. — Les travaux destinés à protéger, contre les vents de mer et l'apport des sables, les surfaces qu'on se propose de planter, consistent dans rétablissement soit de lignes ou cordons de défense^ soit d'une dune littorale.
Les lignes de défense sont des espèces de palissades dressées sur la plage de sable, à peu de distance du rivage, et suivant une direction perpendiculaire aux vents régnants^ qui, sur la côte de Gascogne, soufflent de la région ouest : en les flanquant de part
et d'autre, en retour, par des cordons latéraux, on complète le défilement d'une surface plus ou moins étendue. On a bien soin d'ail- V leurs de profiter des circonstances
'--^^l:;i':Y<^ préexistantes et de rattacher dans ^y'^^l'^y'^^ chaque cas les ouvrages aux dunes ' ^ elles-mêmes, de manière à les faire concourir au but qu'on se propose d'atteindre. Tout d'abord les lignes et cordons de défense ont été exécutés en clayonnages de 1 m. 20 de hauteur, maintenus par des piquets de 0 m. 04 d'équarrissage et 0 m. 60 de fiche; mais le vent avait trop aisément raison d'ouvrages aussi peu résistants, et il a fallu recourir à des types plus robustes, par exemple à des
palissades en planches de 0 m. 02 à 0 m. 03 d'épaisseur, maintenues par des pieux espacés de trois en trois mèlres, ou mieux