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CHAPITRE XIX

FIXATION DES DUNES

encore à des lignes de madriers de 0 m. 05 à 0 m. 06 d'épaisseur^, 0 m. 16 à 0 m. 30 de largeur, épointés à la partie inférieure et enfoncés côte à côte dans le sable sans liaison aucune, en laissant même entre eux de petits intervalles : de ces deux derniers types, le premier est encore Irès exposé à être surmonté rapidement par les sables, le

second a surtout l'avantage de se prêter aisément à Tarracliage et au réemploi des mêmes matériaux, ce qui permet, comme on va le voir^, de prolonger refficacilé de l'obstacle presque sans nouveaux frais.

Kn effet une palissade, ainsi constituée, ne tarde pas à provoquer une accumulation de sable, qui se profile du côté du vent

suivant un talus très raide, présente de l'autre au contraire un talus plus allongé et se termine, vers le sommet des madriers, par une crête aplatie ; si Ton relève alors les madriers, pour les replacer sur la crête même du cordon de sable, le même effet se continue, et l'on provoque ainsi un exhaussement successif de la ligne deNjéfense.

En répétant à plusieurs reprises cette même opération, on finit par constituer une sorte de dune artificielle, pendant la foi mation de laquelle le terrain sis en arrière ne reçoit pas de sable, et qui même peut procurer une protection durable et longtemps efficace si l'on parvient à lui donner jusqu'à 10 ou 12 mètres de hauteur. C'est alors ce qu'on appelle une dune littorale. Sur un grand nombre de points de la côte, on a eu recours à ce mode de défense^ dont les résultats ont été en général très satisfaisants et relativement économiques.

A l'abri des ouvrages de défense, on trouve assez souvent une surface étendue suffisamment protégée contre le vent pour qu'on puisse y procéder à des semis à découvert : ces semis se font cependant rarement à la volée, si ce n'est pour les graines de bruyère ; généralement, c'est dans des trous faits au plantoir, à 0 m. 75 de distance les uns des autres, ou dans des lignes, ouvertes au râteau et écartées de 0 m. 20, qu'on dépose les graines de pin ou d'ajonc, à raison de 3 kilogrammes au moins par hectare pour les premières et 1 kilogramme pour les secondes ; on a soin d'ailleurs de tracer les lignes dans le sens perpendiculaire à la direction des vents régnants et de les refermer aussitôt après que les graines y ont été déposées, au moyen de la tête du râteau en fonte qui a servi à les ouvrir.

151. Semis protégés. — Fréquemment aussi, les lignes de défense ne constituant pas à elles seules une protection complète^ le semis à découvert donnerait lieu à des pertes considérables ; et, même en augmentant considérablement la quantité de graines employées par hectare, en portant par exemple de 3 à 16 kilogrammes — comme on l'a fait quelquefois — la proportion de graines de pins, on risquerait encore de ne pas obtenir de résultats satisfaisants.

Force est alors de recourir à une protection complémentaire, qu'on réalise par la couverture des semis. Elle consiste dans

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l'emploi de branchages, qu'on enfonce dans le sable, assez profondément pour qu'ils se maintiennent en place malgré l'effort du vent, et qu'on recourbe vers le sol, de manière qu'ils se recouvrent les uns les autres : les ouvriers qui procèdent à cette opération ont soin de cheminer à reculons et le dos au vent. Elle s'est montrée parfaitement efficace dans la partie sud des dunes de Gascogne, oii le sable, relativement gros, rend la levée des

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