‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 33 sur 415 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

LES EAUX DÈ SUPERFICIE

une moindre amplitude, tandis que les eaux provenant de Tinfiltration, grâce à leur séjour prolongé dans les couches souterraines, prennent invariablement la température du sol lui-même, c'est-à-dire, tant que la profondeur est faible, celle qui correspond à la moyenne de la température de l'air : suivant que l'appoint des eaux souterraines est plus ou moins considérable, la courbe des variations de la température des eaux de superficie s'écarte plus ou moins de celle de l'air.

La vie végétale et animale se développe dans ces eaux sous rinfluence de la chaleur et de la lumière : plantes aquatiques, poissons, mollusques, algues et microbes y vivent, y meurent, s'y reproduisent, sans qu'il en résulte d'ailleurs d'altération sensible de la qualité deTeau, tant que l'action de l'oxygène sur les matières organiques demeure suffisante pour en assurer la combustion et faire obstacle à la contamination progressive, qui résulterait de Taccumulalion de ces matières et surtout de leur décomposition, si elle venait à se produire. Les eaux les plus pures sont celles où vit la truite et où croit le cresson de fontaine. Mais si l'oxygène fait défaut, comme il arrive dans certaines eaux stagnantes ou insuffisamment renouvelées et que leur faible profondeur expose à l'invasion d'une végétation surabondante, des principes pernicieux y apparaissent, bientôt les animaux et les plantes d'ordre supérieur n^ peuvent plus vivre, et il se forme des marécages qui ne tardent pas à devenir une cause d'insalubrité pour la région environnante. Le déversement de résidus organiques en quantité considérable, comme ceux qui proviennent des égouts des villes ou des déjections des fabriques, peut déterminer dans les meilleures eaux des efïets analogues, par suite de la formation de dépôts putrides, où la fermentation a lieu et qui dégagent alors des gaz infects ; mais la pollution qui en résulte est heureusement combattue par divers effets chimiques et biologiques, qui déterminent le plus souvent la destruction successive des substances nuisibles, de sorte qu'il se produit au bout de quelque temps une purification spontanée qui restitue aux eaux leurs propriétés primitives.

Il y a d'ailleurs entre les diverses eaux de superficie, suivant leur nature, leur mode de formation, les circonstances multi-

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