CHAPITRE XXI. — APPROVISIONNEMENT DES EAUX UTILES
ries, pharmacies, fabriques de boissons artificielles^ bains et lavoirs, tandis que d'autres accusent au contraire des chiffres relativement élevés, à cause du développement considérable qu'y a pris la grande industrie ; telles Roubaix, Saint-Etienne, Genève, etc. Souvent, il est vrai, les usines ne demandent que peu de chose au réseau de la distribution et s'alimentent pour partie par leurs propres moyens, puits descendus dans la nappe phréatique, comme à Berlin, à BrUxXelles, etc., forages profonds ou puits artésiens (Paris en fournit un exemple) adductions d'eau indépendantes, comme le canal de Jonage, à Lyon. A titre d'indication utile, notons seulement, en passant, qu'il faut affecter au service des machines â vapeur, et par cheval effectif, 20 à 35 litres pour l'alimentation seule, 200 et plus, parfois jusqu'à 800, pour la condensation.
C'est eu totalisant les chiffres, auxquels conduit l'étude des besoins respectifs des services privé, public et industriel, qu'on apprécie l'ensemble de la consommation urbaine. Dès 1865, Darcy estimait que la consommation totale^ dans une ville bien alimentée, pouvait atteindre 150 litres par habitant et par jour. Ce chiffre moyen est encore admis volontiers par la plupart des auteurs, en France et en Angleterre, où Ton ne propose guère de Faugmenter, sauf pour des cas spéciaux ; en Allemagne, Frùhling se contejïte de 100 à 120 litres; aux Etats-Unis même, oii l'on a pris rhabitude d'un usage beaucoup plus large de l'eau^ Turneaure et Russell indiquaient naguère la proportion de 200 litres. Au surplus les relevés statistiques montrent que la consommation moyenne est demeurée dans bien des villes au-dessous du chiffre de 150 litres : on ne consomme encore que 80 litres par tête à Berlin^ 100 litres à peine à Bruxelles et dans l'ensemble des villes allemandes, un peu plus, 120 litres environ, dans les principales villes françaises ; mais on dépasse 160 litres à Londres et à Hambourg, 200 à Lyon et Francfort, 240 à Glasgow, 260 à Paris; et l'on va bien au delà à Marseille^ à Grenoble... et dans les villes américaines, ou il n'est pas rare de trouver des consommations de 400, 600 et jusqu'à 800 litres.
L'alimentation doit être nécessairement très supérieure au chiffre effectif de la consommation moyenne : en effet, pour être