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CHAPITRE XXI

APPROVISIONNEMENT DES EAUX UTILES

manière absolue : il n'y a pas de joint qui résiste iiuléliniment à la pression, pas de robinet qui ne s'use au bout d'un temps plus ou moins long ; l'enaploi des types les plus perfectionnés, le contrôle le plus sévère, Tentretien le plus minutieux, ne parviennent pas à réaliser et à maintenir une parfaite étanchéité des conduites et des appareils, ni à ramener au-dessous de certaines limites les "pertes^ qui en sont la conséquence. La continuité des écoulements, qui se produisent de la sorte sur les canalisations soumises au régime de la pression constante, leur donne au surplus une telle importance, qu'une portion très notable des quantités d'eau mises en distribution s'échappe ainsi sans utilité. La proportion atteint fréquemment 20 à 25 0/0 du total, sur les seules canalisations publiques ; elle dépasse même assez souvent ce chiffre, et s'élève parfois jusqu'à 40, 50 0/0 et plus.

Le gaspillage se différencie nettement des pertes, qui résultent des imperfections de l'outillage, en ce sens qu'il est de nature à pouvoir être poursuivi et réprimé : il est en effet la conséquence de fautes volontaires ou de négligences, telles qu'un entretien défectueux, l'ouverture intempestive des appareils, le maintien des orifices à l'état d'écoulement continu sans utilisation de l'eau qu'ils débitent, etc. Le consommateur qui s'en rend coupable ne peut invoquer aucune excuse et s'expose à une répression sévère : il n'est pas de ville en effet qui dispose d'une alimentation illimitée et se procure l'eau sans dépense ; nulle part donc on ne doit tolérer que l'usage dégénère en abus. Un moyen particulièrement efficace de combattre le gaspillage, et dont on a eu grandement à se louer, partout oii il a reçu des applications, c'est la vérification et le mesurage des quantités consommées, surtout lorsque le paiement proportionnel en est la sanction ; c'est à ce titre que l'introduction des compteurs d'eau a rendu d'immenses services et qu'on tend de plus en plus à en généraliser l'emploi.

Pour estimer à leur juste valeur l'ensemble des besoins de l'alimentation, il faut tenir compte de ces considérations multiples ; et il est bien évident qu'elles conduisent à prendre pour bases des projets de distribution d'eau des chiffres très supérieurs à ceux dont il a été question précédemment. Il est d'ailleurs pru-

dent de ne pas se borner au présent immédiat, de voir un peu plus loin, et, sinon d'erivisag-er uq avenir quasi illimité, d'embrasser du moins la durée d'uae ou de deux générations ; à cet égard, on ne doit pas oublier qu'au début d'une exploitation la transformation des habitudes se fait d'abord avec quelque lenteur, mais qu'une fois commencée elle se poursuit de plus en plus vite ; l'augmentation progressive de la consommation par tête, dans les distributions d'eau parvenues à la période de développement normal, est un phénomène absolument constant, de sorte que, si l'on veut être dans la vérité des faits, on devra toujours admettre, pour Talimentation en eau, une loi d'accroissement plus accentuée que celle de la population.

Aussi ne sera-t-on pas surpris que, tout en admettant comme suffisamment large pour la plupart des grandes villes une consommation moyenne de 150 litres, on doive, pour l'obtenir sûrement, envisager la nécessité d'une alimentation de 200 à 400 litres.

Dans nombre d'entre elles ce chiffre n'est pas atteint sans doute^ mais beaucoup l'ont déjà dépassé : sans compter les métropoles américaines, qui, à cet égard, ont des exigences inconnues en Europe, la ville de Paris ne se considère-t-elle pas comme incomplètement dotée avec plus de 300 litres ? et quelques-unes de nos cités industrielles, où l'eau est employée pour la production de force motrice, n'ont-elles pas déjà des alimentations plus larges encore et n'en réclament-elles pas aussi l'augmentation incessante ?

160. Qualités i*e«|uiscs. ~— L'eau destinée à la boisson, à laquelle s'applique plus particulièrement la dénomination d'eau potable, doit pouvoir être consommée dans l'état même oii elle sort des conduites publiques. En vertu de cet axiome, énoncé par Belgrand et volontiers admis par tout le monde, il faut donc que, sans préparation aucune, elle soit à la fois agréable à boire et salubre, sans odeur ni saveur, limpide et fraîche, dépourvue de toute substance nuisible à la santé, à l'abri même du soupçon à cet égard. En ce qui concerne la considération de la santé publique, il y a lieu de se procurer avant tout les garanties les plus

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