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CHAPITRE XXÏ

— APPROVISIONNEMENT DES EAUX UTILES

s'est attaché à la recherche, à la numéralion, à Ja spécification des germes bactériens. Une définition g-énéi'ale et précise de l'eau d'alimentation n'est donc pas à recommander, et il est assurément préférable de s'en abstenir. Mais il est des points cependant qui paraissent bien établis et sont admis par la presque unanimité des spécialistes, à savoir, par exemple :

que les matières minérales solides en dissolution dans la plupart des eaux naturelles, et dont la proportion en poids ne dépasse pas ordinairement quelques dix-millièmes, paraissent, dans ces conditions, sans action sensible sur l'organisme ; c'est seulement^ quand elles y entrent en quantités notablem.ent supérieures, qu'elles cessent d'être inoffensives et caractérisent les eaux minérales, dont on doit réserver l'usage pour les cas morbides, oh elles peuvent avoir une action thérapeutique ;

que la présence des matières organiques devient au contraire très rapidement redoutable pour la santé, et que l'absorption d'eau, contenant des substances animales ou végétales en abondance et surtout en décomposition, peut amener dans l'organisme des désordres graves, déterminer la dysenterie, etc. ;

qu'il faut particulièrement redouter la contamination des eaux par les déjections humaines, plus particulièrement exposées à servir de véhicule aux germes pathogènes, à propager la fièvre typhoïde-ou le choléra, ce qui justifie la répugnance instinctive de l'homme pour les eaux de rivière puisées au-dessous des débouchés d'égouts ou des lavoirs, pour les eaux des nappes voisines des cimetières^ etc.

A titre d^'indication, le comité consultatif d'hygiène publique de France a résumé, en 1885, sur le rapport de M. Gabriel Pouchet, ses bases d'appréciation, dans le tableau ci-après :

EAU

EAU

EAU

EAU

très pure

potable

suspecte

mauvaise

Chlore par litre . . .

Matière organique (poids d'oxygène emprunté au permanganate de potasse, en solution alcaline, par litre d'eau) .

moins de 0 crp 01,5

moins de 0 gr. 001

moins de 0 o-r 04 (excepté au bord de la mer)

moins de 0 gr. 002

0 gr. 05 à

moins de 0 gr. 004

plus de 0 o-r 10

plus de 0 gr. 004

Perte au rouge par litre.

moins de 0 gr. 015

moins de 0 gr. 040

moins de 0 gr. 070

plus de 0 gr. 100

Degré / total hydrotimétriquej gjgjj^t

supér, à 30'^ 120 >i

supér. à 100'' supér. à 20"

16t. ChoinL à faîi'e. — La conclusion qui découle des paragraphes précédents est que, dans chaque cas particulier, une étude spéciale doit être entreprise, avant qu'on puisse se prononcer sur le choix rationnel à faire.

Le premier soin à prendre à cet effet est de poser, avec grand soin, les données du problème: quantités nécessaires, qualités exigées pour les divers usages, possibilités financières, etc.. A ces différents points de vue, les divergences d'appréciation sont grandes : ce qui est ici le strict nécessaire paraît ailleurs plus que suffisant, sinon beaucoup trop large ; dans les pays tempérés comme le nôtre, dans les pays chauds plus encore, l'eau est employée davantage pour la boisson que dans les pays du Nord, où Ton préfère les breuvages chauds ou fermentés ; tantôt on acceptera volontiers une eau chargée de sels minéraux, si elle est limpide, fraîche, pauvre en microbes, tandis qu'ailleurs on la rejettera impitoyablement, comme inadmissible pour certaines industries; telle agglomération considère comme excellente une eau de drainage ou une eau superficielle filtrée, tandis que telle

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