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CHAPITRE III. - LES EAUX DE SUPERFICIE

« crues sont courtes et presque toujours subites; leur pente « excède 0 m. 06 par mètre sur la plus grande partie de leur « cours; elle v^arie très vite et ne s'abaisse pas au-dessous de (( 0 m. 02 par mètre ; ils ont une propriété tout à fait caracté- « ristique : ils affouillent dans la montagne, ils déposent dans (( la vallée et divaguent ensuite par l'effet môme de ces dépôts...» M. ïhiéry, professeur à l'école forestière, dans un livre récent sur la Restauration des montagnes, déclare préférer à cette définition des torrents celle qui a été donnée autrefois par M. Scipion Gras, et qui est ainsi conçue : « Un lorrent est un cours d'eau (( dont les crues sont subites et violentes, les pentes considéra- « bles et irrégulières^ et qui le plus souvent exhausse certaines « parties de son lit par suite du dépôt des matières charriées, ce « qui fait divaguer les eaux au moment des crues )^.

Pour qu'il se forme un torrent, un certain nombre de conditions géologiques, topographiques et météorologiques doivent se trouver réunies : il faut en effet un terrain affouillable et de grandes averses, donnant lieu à un abondant ruissellement dans les moindres plis de terrains. Certaines expositions^ notamment celle du Midi dans les Alpes françaises, favorisent la formation des torrents.

Un torrent présente toujours dans son cours trois parties bien distinctes : le bassin de réception, le canal d écoulement ou la gorgCj, el\e cône de déjection. La première a le plus souvent Tapparence cVun vaste entonnoir béant vers le ciel^ qui affecte d'ailleurs une très grande variété de forme et d'étendue. Tantôt le bassin de réception part du faîte même de la montagne, tantôt il en occupe les flancs ; parfois c'est une sorte de falaise rocheuse, escarpée et irrégulière, dont la surface se désagrège, ou une étendue considérable de croupes, de ravins, de combes ou simples dépressions, d'oii partent plusieurs petits torrents qui vont se réunir à quelque distance en un torrent composé. Au goulot de l'entonnoir commence le canal cV écoulement ou la gorge, dénomination que M. Demontzey a rendue classique : c'est une sorte de couloir, resserré entre des berges abruptes, assez souvent fort court, généralement dépourvu de dépôts parce qu'il ne s'y produit pas d'affouillement et que les matières charriées le parcou-

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