‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 353 sur 415 · Rôle, niveau et capacité des réservoiri;. — La · texte numérisé non relu

Rôle, niveau et capacité des réservoiri;. — La

distribution des eaux d^alimentation dans les villes est commandée en général par des réservoirs^ placés en des points hauts convenablement choisis, et qui ont pour objet d'assurer le bon fonctionriement du système, en remplissant le rôle de régulateurs de volume et de pression.

Ils emmagasinent les eaux surabondantes^ aux heures oii la consommation est faible, et fournissent au contraire Tappoint nécessaire, quand à d'autres moments de la journée elle devient supérieure à Talimentation ; ils sont d'ailleurs disposés de telle sorte que ces effets se produisent sans variations trop prononcées du plan d'eau, par conséquent sans modification sensible de la pression dans Tétendue de la canalisation. Leur intervention évite la dépendance trop directe qui s'établirait sans eux entre les organes principaux du système, et procure à Tensemble une élasticité d'autant plus grande que le volume d'eau emmagasiné est plus considérable. On ne saurait mieux les comparer qu'au volant d'une machine, qui régularise la marche en compensant à chaque instant l'inégalité des efforts.

La pression de l'eau, qu'on observe aux divers points desservis par un réservoir, dépend du niveau que prend l'eau dans ce réservoir et correspond au 7iiveaii piézométrigiœ cnchsLque point, niveau qui lui-même ne diffère du premier que par les pertes de charge résultantdes frottements sur le parcours. L'altitude de l'ouvrage doit donc être déterminée de telle sorte que celte pression demeure suffisante en tout temps : on entend par là qu'elle doit assurer l'arrivée de l'eau jusqu'aux orifices de puisage les plus élevés, au moment du débit maximum, qui correspond nécessairement à la plus forte perte de charge en roule ; et pour cela le niveau piézomélrique doit se tenir partout à 8 ou 10 mètres audessus du niveau du sol, aux moments les plus défavorables, si le service se fait à rez-de-chaussée ou tout au plus au premier étage des maisons; il faut 20 à 25 mètres pour atteindre les étages supérieurs de nos maisons ; plus encore pour les bâtiments de hauteur exceptionnelle, ou si Ton veut obtenir le moyen d'inonder les toitures par jet direct en cas d'incendie. En prenant pour point de départ l'altitude du sol dans la région la plus élevée qu'on se propose de desservir, tenant compte de la charge nécessaire et des pertes dues à l'écoulement en route^ on calcule aisément le niveau au-dessous duquel l'eau ne devra jamais descendre dans le réservoir ; et, pour avoir le plan d'eau supérieur, il suffit d'y ajouter l'épaisseur de la tranche d'eau qu'on y veut emmagasiner et qui doit être telle qu'il ne s'y produise pas de mouvements trop prononcés. Comme la perte de charge en un point dépend à la fois de sa distance au réservoir et des sections de la canalisation intermédiaire, on conçoit qu'il est possible d'obtenir à cet égard le même résultat, soit en rapprochant les réservoirs des localités à desservir, soit en augmentant les diamètres des conduites, et que le choix entre les deux solutions, indifférent a priori, reste à déterminer d'après d'autres considérations, tectiniques ou économiques. Un moyen de diminuer les parcours, de réduire les sections des conduites ou d'abaisser le niveau des réservoirs, tout en régularisant plus complètementles pressions, consiste à établir plusieurs réservoirs pour le même réseau, à les répartir en des points convenables pour s'entr'aider, se soutenir, desservir respectivement les diverses zones : malgré

Page 1