CHAPITRE XXII. - RÉSERVOIRS DE DISTRIBUTION
la dépense supplémentaire qui en résulte, il a été souvent employé et demeure recommandable dans les services à basse pression, où il importe particulièrement de ménager Ccdle-ci le plus possible.
La capacité des réservoirs peut demeurer assez faible tant qu'on ne leur demande pas autre cbose que de remplir leur rôle de régulateur : dans les villes surtout qui sont pouvues d'une alimentation par macliines, et où l'on peut en conséquence parer à la majeure partie des variations de la consommation par des changements dans la marche des engins élévaloires, un très faible volume d'eau suffit à réaliser le maintien de la pression normale ; ce volume doit être plus considérable sans doute dans les services qui dépendent d'une dérivation, parce qu'il faut, avec une arrivée pratiquement constante, satisfaire à une demande variable, mais il est évident qu'on parvient sans peine à compenser les mouvements diurnes de la consommation avec un approvisionnement correspondant à une fraction seulement, la moitié tout au plus, du débit journalier. Fréquemment on donne aux réservoirs une capacité supérieure à celle qui serait strictement nécessaire, afin de se procurer un surcroît de sécurité, en assurant la permanence du service malg-ré les interruptions accidentelles de l'alimentation : il est évident qu'on obtient par là des garanties précieuses^ c'est ainsi qu'on peut se mettre à l'abri des conséquences de l'arrêt total d'une dérivation, en suite de la rupture d'un siphon par exemple^ et continuer la distribution pendant la durée plus ou moins longue de la réparation ; dans le cas d'une élévation mécanique, on pourra renoncer à la marche de nuit, ou tout au moins éviter la sujétion d'une surveillance incessante et de manœuvres trop souvent répétées; mais ce supplément de sécurité coûte cher, surtout quand les circonstances locales ne se prêtent pas à la construction d'ouvrages économiques, et la considération de la dépense oblig-e d'ordinaire à se tenir à cet égard dans des limites assez étroites. La règle la plus habituellement suivie consiste à donner aux réservoirs^ quand on le peut, une capacité égale ou supérieure au volume d'eau distribué dans une journée : cette règle, excellente pour un service par machines pourvu de rechanges, où les interruptions sont toujours de courte
durée, peut être insuffisante dans le cas d'un aqueduc unique de grande longueur, et Ton tend alors à se procurer un approvisionnement plus considérable, qui représente par exemple le volume consommé en deux ou trois jours et plus.
lOG. DisposiClouji» générales. — Lorsqu'un réseau de conduites est commandé par un réservoir unique, on le place d'ordinaire en tête de ce réseau, c'est-à-dire en amont des conduites maîtresses de la distribution, au point même oii aboutit l'aqueduc de dérivation ou la conduite de refoulement. Si l'on a recours à plusieurs réservoirs pour le même réseau, à deux pour le moins, on place avantageusement l'un en tête, l'auti'e en bout du réseau, de manière que la partie médiane, généralement la plus chargée, soit aux heures de grande consommation alimentée de part et d'autre : Darcy a eu recours à ce dispositif pour le service de Dijon, au moyen des réservoirs de Montmusard et de la Porte Guillaume; l'ancien réseau des eaux de l'Ourcq^ à Paris, présentait un arrangement analogue, avec le bassin de la Villette et l'aqueduc qui le reliait au réservoir Monceau, sur la rive droite, elles réservoirs Saint-Victor, Racine et de Vaugirard, à un niveau légèrement inférieur sur la rive gauche. 11 arrive aussi parfois qu'on supprime le réservoir de tête et qu'on se contente de celui ^ d'extrémité, de telle sorte que la conduite d'amenée de l'eau se trouve faire le service en route : presque aussi avantageuse au point de vue de la pression que l'emploi de deux réservoirs extrêmes, cette combinaison a par contre l'inconvénient de ne pas se prêter à l'appréciation précise des quantités d'eau mises en distribution, de rendre par suite la surveillance moins sûre et de diminuer en conséquence la sécurité de ^exploitation.
Pour obtenir dans la construction de l'ouvrage le maximum d'économie, il faut s'attacher à réduire le développement des parois en cherchant le moyen d'obtenir le plus grand volume d'emmagasinement possible sous la moindre surface. A ce point de vue^ c'est la forme hémisphérique qui l'emporte sur toutes autres : mais elle est difficile à réaliser dans la pratique, et, sauf dans des cas très exceptionnels, les cuves métalliques reçoivent de préférence la forme cylindrique, fréquemment appliquée dans