‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 355 sur 415 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

- RESERVOIRS DE DISTRIBUTION

les gares de chemins de fer, et qui convient particulièrement pour les tours d'eau, supportées par des pylônes élevés ; on rencontre aussi des réservoirs en maçonnerie à base circulaire, comme celui de la Porte Guillaume à Dijon, ou demi-circulaire, comme ceux de Ménilmontant et des Buttes-Ghaumont à Paris. Mais la forme cylindrique elle-même comporte trop de sujétions pour qu'on ait pu l'adopter de manière générale pour les bassins en maçonnerie ; et, dans la majorité des cas, on s'arrête au type prismatique à base carrée ou rectangulaire. Parfois il arrive qu'on n'a pas la liberté du choix, et que d'autres considérations, telles que le relief du sol, les convenances locales, les difficultés d'acquisition du terrain, interviennent pour obliger à donner aux réservoirs des formes diverses, irrégulières même, sans rapport tout au moins avec celles qui résulteraient des motifs inspirés parla théorie.

L'épaisseur de la tranche d'eau doit être, on Ta déjà dit, tenue dans d'étroites limites, si Ton veut éviter dans les réservoirs des dénivellations exagérées, qui détermineraient dans le réseau de distribution des pressions trop variables. Il est bon cependant qu'elle ne soit pas réduite au point de donner une importance relative considérable aux parties inutilisables, près de la surface, à cause des poussières qui s'y déposent, et vers le fond, où s'accumule Jiuijours un peu de vase. Et il ne faut pas oublier qu'il y a généralement économie à l'augmenter le plus possible, pourvu qu'il n'en résulte point de gêne dans le service, afin de diminuer la surface horizontale occupée par les ouvrages. En pratique elle demeure ordinairement comprise entre 2 et 5 mètres.

Presque toujours les réservoirs sont divisés en deux compartiments ou bassins^ dont l'un reste en service quand l'autre est mis en nettoyage ou en réparation. Gette disposition est en effet très recommandable au point de vue de la continuité de l'exploitation ; il est d'ailleurs inutile de pousser la division plus loin, à moins de motifs spéciaux, car il en résulterait des complications coûteuses d'établissement et de manœuvre. Parfois, et en vue de s'opposer à l'établissement de courants directs entre les orifices d'arrivée et de départ, qui laisseraient stagnantes certaines parties du volume d'eau emmagasiné, on interpose des

TROlSIÈxME PARTIE. —

cloisons incomplètes, formant chicanes, que les filets d'eau doivent nécessairement contourner : ce dispositif, appliqué à Vienne, à Francfort et dans plusieurs villes allemandes, ne s'est pas généralisé.

Une couverture, qui protège l'eau contre les causes d'altération, la défend contre les variations de température, la maintient dans une obscurité contraire au développement de la vie végétale et animale, est particulièrement avantageuse quand il s'agit d'eaux fraîches et pures, destinées à la boisson : on peut ajouter qu'elle est toujours utile, surtout dans les pays où le climat expose Teau soit à des périodes de congélation, soit à des chaleurs prolongées.

Suivant l'altitude du terrain sur lequel il est assis, un réservoir peut être soit entièrement ou partiellement en déblai, soit en élévation. Le premier cas est plus avantageux à tous égards, car un ouvrage établi dans l'épaisseur du sol profite de sa résistance propre et peut être plus économiquement construit; il offre aussi plus de sécurité et se trouve moins exposé au froid ou à la chaleur... Dans le second cas, au contraire, il faut que les parois résistent par elles-mêmes aux poussées de l'eau et la défendent contre les variations de température ; il faut aussi que l'ouvrage tout entier soit porté par une substruction dont l'importance va naturellement croissant avec la hauteur : double cause de dépense qui peut en augmenter singulièrement le prix. Lorsque le

développement des substructions est considérable, on est conduit à les utiliser, tantôt comme des locaux quelconques, magasins, bureaux, etc., tantôt pour l'emmagasinement d'une réserve d'eau supplémentaire, comme au réservoir parisien de la Vanne, à Montsouris, ou même d'eau de nature différente, destinée à des utilisations distinctes, comme dans d'autres réservoirs de Paris,

Page 1