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CHAPITRE XXII. — RÉSERVOIRS DE DISTRIBUTION

Lorsque les bassins sont couverts, il ne faut pas omettre d'assurer Pévacuation de l'air par des cheminées ou des orifices convenablement placés, sans quoi on s'exposerait à emprisonner l'air dans les parties hautes, oii il pourrait se comprimer et produire, comme il est arrivé parfois, des soulèvements des voûtes ou planchers, que peut même accompag-ner une explosion.

On doit aussi assurer l'égoutlement des eaux d'infiltration, qui, après les pluies, pénètrent dans la terre gazonnée des couvertures ; une chape convenablement réglée les dirige vers de petits conduits d'évacuation, qui les jettent soit à l'extérieur soit à l'intérieur, suivant que Ton redoute ou non le mélange de ces eaux avec celles qui sont destinées à l'alimentation.

Le fonctionnement des réservoirs constitue le meilleur moyen de contrôle des services de distribution, puisqu'ils se prêtent aisément à des jaugeages directs, et plus aisément encore à des relevés périodiques ou continus des hauteurs d^'eau : pour faciliter ces opérations, on a soin d'y établir des échelles graduées, en matériaux autant que possible inattaquables à Teau (porcelaine, lave émaillèe, laiton découpé, etc.), ou encore des flotteurs^ dont on peut transmettre les déplacements, à proximité par des combinaisons de mécanisme ou à distance par l'électricité ou l'air comprimé, aux indicateurs ou enregistreurs de ni- ^ veau.

Pour faciliter les visites, les nettoyages, les réparations, on dispose des moyens d'accès, échelles en fer galvanisé, escaliers en fonte, regards pour la descente des matériaux ; on perce dans

les couvertures quelques trous d'éclairage munis de dalles en verres, etc.

t70. Prix de revient. — Les conditions d'établissement des réservoirs varient tellement avec les exigence et les circonstances locales qu'il n'est guère possible de donner sur leur prix de revient des indications précises.

Un réservoir découvert, en déblai dans un terrain facile à tra-

vailler mais résistant, sera sans doute peu coûteux ; tandis qu'où s'expose à des dépenses importantes quand on projette des bassins couverts, fondés sur un sol mouvant, compressible ou soluble, et atteignant une hauteur notable, surtout s'il faut^ par surcroît, leur donner un aspect décoratif ou monumental. Les tours d'eau en particulier sont nécessairement d'un prix élevé.

Les appareils accessoires, tuyauteries, robinets, etc., entrent toujours pour une forte part dans la dépense totale^ et il importe d'en pousser l'étude jusque dans les détails^ afin d'éviter des complications trop grandes tout en répondant aux besoins justifiés de l'exploitation. La couverture, à elle seule, représente un coût supplémentaire de 10 à 20 francs par mètre superficiel.

Toutes choses égales d'ailleurs, le prix d'un réservoir est d'autant çlus considérable que sa capacité est plus petite ; il n'est donc pas très rationnel de prendre, comme c'est l'usage, pour unité de comparaison, le prix de revient par mètre cube d'eau emmagasiné : aussi devra-t-on, autant que possible, prendre soin de mettre plus volontiers en parallèle les ouvrages de contenance égale ou analogue. Quoi qu'il en soit, ce prix de base varie en pratique depuis un minimum de 10 francs jusqu'à 300 francs et plus. Un réservoir en maçonnerie, non couvert, en bon sol et de déblai facile, doit coûter 20 à 30 francs le mètre cube : à cette dépense s'ajoutent des frais supplémentaires, si les fondations sont malaisées, si une couverture s'impose, s'il faut recourir à des substructions, etc. Un réservoir métallique revient rarement à moins de 80 ou 100 francs le mètre cube ; et, pour peu que le support sur lequel il repose dépasse sensiblement le niveau du sol, le prix s'en élève très rapidement jusqu'à 150^ 200 et 300 francs.

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