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CHAPITRE XXIII RÉSEAUX DE CONDUITES

Sommaire : 171. Distribution générale ; 172. Etablissement de la canalisation ; 173, Dispositifs accessoires ; 174. Entretien des conduites et appareils ; 175. Exploitation.

Wsivihwiiiowk générale. — Au sortir des réservoirs, reau pénètre dans le réseau des conduites, qui est chargé de la porter jusqu'aux orifices de puisage.

Pour qu'elle puisse être toujours et partout à la disposition du consommateur, il faut que les conduites soient maintenues pleines et sous pression, formant, suivant l'expression de Dupuit, « une sorte de nappe souterraine, d^oij l'eau peut jaillir en chaque point )) ; on réalise de la sorle le service constant. Les avantages de ce régime sont évidents ; mais ils ne peuvent être obtenus qu'à la double condition de disposer d'un volume d'eau supérieur à la consommation et d'avoir aussi un excès de pression ; en effet, avec des conduites constamment en charge, les fuites, qu'on ne saurait jamais éviter complètement, donnent lieu à des écoulements continus et par suite à des pertes d'une certaine importance, réduisant d'autant le volume d'eau utilisable ; et, d'autre part, les variations horaires de la consommation ont pour conséquence des abaissements momentanés du niveau piézométrique^qui risqueraient, si la pression devenait alors insuffisante, de supprimer toiit écoulenient possible vers }es points hauts. Qï\

conçoit qu'un plus grand volume d'eau et une pression supérieure ne vont pas sans une majoration de la dépense, qu'on a cherché à éviter de l'autre côté de la Manche par l'emploi d'un autre mode de distribution, le service intermittent, qui consiste à introduire Teau successivement, soit chaque jour à certaines heures, soit chaque semaine à certains jours, dans les diverses fractions du réseau, laissant dans les intervalles les conduites dépourvues de pression, et obligeant les usagers à faire d'avance une provision suffisante pour répondre à tous les besoins durant les périodes d'interruption : ce système a incontestablement Favantage de réduire beaucoup les pertes, d'utiliser toute la pression résultant du niveau des réservoirs, d'empêcher le gaspillage, de régler en un mot aussi exactement que possible la consommation ; mais, par contre, il impose des sujétions graves, manœuvres fréquentes et compliquées, adoption dans tous les immeubles de réservoirs encombrants, où Feau risque de se gâter, il ne se prête guère à l'organisation d'un service général de lavage ou d'arrosage des voies publiques, il diminue notablement les chances de succès dans la lutte contre le danger d'incendie, enfin il laisse l'eau sans défense contre la contamination par rentrée d'eaux ou de gaz suspects à travers les joints défectueux, pendant tout le temps oii les conduites sont sans pression... et, toute compensation faite, les inconvénients l'emportent, au point que, depuis longtemps battu en brèche, le système va diminuant en Angleterre, oii, malgré l'augmentation de dépense, on consir dère comme un réel progrès d'adopter et d'étendre le service constant, qui seul et de tout temps a été appliqué en France et sur le continent européen en général.

Les anciennes distributions d'eau n'avaient à faire dans la plupart des villes qu'un service à basse pression, car on se contentait de desservir des orifices de puisage disposés un peu au-dessus du niveau du sol ou dans les cours des maisons. Aujourd'hui on recherche partout les hautes pressions, au moyen desquelles Feau parvient à tous les étages, procurant ainsi au consommateur des facilités précédemment inconnues, et s'élève même jusque par delà le faîtage des maisons, permettant l'extinction des incendies par jet direct, de manière à rendre

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