CHAPITRE XXIII
RÉSEAUX DE CONDUITES
commode et rapide le service des pompiers ; suivant la hauteur normale des bâtiments, il faut pour cela que la charge sur les orifices à rez-de-chaussée soit et demeure de 15 à 30 mètres en tous les points.
Dans les villes oii le sol est accidenté, et surtout quand les variations diurnes de la consommation sont accentuées, on ne peut réaliser cette condition qu'en s'assurant d'un excès notable de pression dans les parties basses du réseau, ce qui n'est pas sans inconvénient ; on y pare fréquemment en divisant le service par étages^ desservis respectivement par des réservoirs établis à des niveaux différents, et dont les plus élevés sont souvent alimentés par des usines de relais; en pareil cas, c'est l'étage supérieur dont il faut plus particulièrement assurer l'alimentation dans des conditions de parfaite sécurité, puisque les autres ne sauraient lui venir en aide, tandis qu'ils pourront toujours profiter des excédents dont on y disposerait.
Un autre moyen d'assurer la permanence de la charge nécessaire consiste à recourir à une double canalisation^ c'est-à-dire à établir deux réseaux de conduites juxtaposés dans toutes les artères d'un même périmètre, l'un des réseaux étant affecté au service des orifices de la rue, des cours, des jardins, etc., et l'autre à celui des étages, de manière que les deux services ne soient plus solidaires, et que le premier ne vienne pas, à certains moments de la journée, affamer le second, au détriment des étages supérieurs des maisons.
Dans les très grandes villes, les difficultés spéciales, résultant soit de l'énormité du débit nécessaire, soit des circonstances particulières, telles que les agrandissements successifs de territoire, ont souvent conduit à diviser le réseau en plusieurs parties complètement séparées, correspondant chacune à un périmètre distinct, et formant en quelque sorte plusieurs distributions contiguës et isolées : à Paris, à Londres, à Berlin, à New-York^ etc. , on trouve des zones de ce genre. Elles constituent, évidemment, de même que la double canalisation, une complication, qu'il est préférable d'éviter toutes les fois qu'on le peut, mais devant laquelle cependant il ne faut pas reculer, lorsqu'elle s'impose ou si elle doit procurer quelque avantage technique ou financier.
Htafilâssenient de la canalisation. — Les problèmes que soulève l'établissement d'une canalisation d'eau sont toujours susceptibles de recevoir plusieurs solutions et se présentent en conséquence avec un certain caractère d'indétermination. Pour obtenir avec la moindre dépense le maximum d'effet utile, il faut se livrer à une étude comparative et détaillée, qui demande beaucoup de soin et d'attention et pour laquelle on fait usage des formules de l'hydraulique ou des tables et des abaques qui en facilitent l'application. Cette étude peut être grandement aidée aussi par une représentation graphique, qui consiste à indiquer, d'une part, sur un plan les diverses conduites au moyen de traits de grosseur proportionnelle aux débits et à tracer, d'autre part, les lignes de charge sur les profils en long. Au surplus « rien ne se prête, a dit Dupuit, à des additions ou à des modifications comme un réseau de conduites » : il n'y a donc pas lieu, au moment de l'établissement d'une canalisation, de se préoccuper outre mesure de ses développements ultérieurs ; il suffira de la recouper plus tard par quelques conduites additionnelles pour en augmenter considérablement le débit.
Le réseau se compose toujours d'un certain nombre de conduites maîtresses^ destinées à porter de grandes masses d'eau dans les diverses parties de la distribution, et qui forment comme un prolongement des réservoirs; puis les conduites secondaires, chargées de répartir ces masses d'eau entre les conduites de service^ sur lesquelles se font les prises des branchements qui aboutissent aux orifices de puisage. Les diamètres des conduites maîtresses et des conduites secondaires dépendent de l'importance des fractions correspondantes du réseau ; quant à ceux des conduites de service, ils sont choisis de manière à leur permettre de desservir largement les divers orifices, même en cas de puisage exceptionnel ou d'incendie ; à cet effet, on descend rarement au-dessous de 0 m. 06 et parfois on se limite à 0 m. 08, 0 m. 10 ou 0 m. 15.
Deux dispositions différentes peuvent être adoptées pour le tracé général : tantôt le réseau est composé d'un tronc commun, se divisant en plusieurs branches, qui se ramifient à leur tour ; tantôt il est formé de mailles ou circuits fermés. La première de ces dispositions, celle des réseaux ramiliés^ où les diamètres