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CHAPITRE XXIII. - RÉSEAUX DE CONDUITES

En prévision de ces inconvénients, d'une part, au moment de l'établissement des canalisations^ on doit avoir soin de placer à tous les coudes des butées pour éviter le déboîtement des joints, de donner aux tranchées une profondeur suffisante pour mettre l'eau à Fabrides gelées, d'enduire les tuyaux de coaltar pour les préserver de la rouille, etc.; de l'autre, une fois le réseau en service, il faut le soumettre à unQ surveillance attentive et continue, afin de reconnaître les fuites dès qu'elles se produisent, de constater si possible tous les effets dus aux diverses causes de détério^ ration, et d'y remédier avant qu'ils ne s'aggravent. Tantôt on a eu recours dans ce but à des mesures préventives, telles que le petit écoulement continu en usage dans les pays du nord, pour tenir l'eau en mouvement durant les froids prolongés et de la sorte éviter qu'elle ne subisse la congélation, ou les chasses périodiques^ destinées à entraîner les boues, à empêcher le développement de la vie végétale et animale à l'intérieur des conduites, etc. ; tantôt on procédera systématiquement à des opérations à'enti^elieii proprement dit, comme la visite, le nettoyage, laremise^n état des appareils, le serrage des boulons d'attache, le matage des joints au plomb, le remplacement des caoutchoucs avariés, le renouvellement de l'enduit protecteur sur la paroi extérieure des tuyaux, l'introduction à l'intérieur d'appareils mobiles destinés à chasser les dépôts de vase, ou même à détartrer les parois, en les débarrassant des incrustations les plus dures, sous l'action d'outils que la pression de l'eau suffit à mettre en mouvement, l'emploi de liquides acidulés pour obtenir un résultat analogue, etc.

Malgré tous les soins on n'évite pas les déboîtements, les ruptures et autres accidents ; il y faut parer le plus rapidement possible, pour diminuer la durée des interruptions si gênantes du service, en effectuant avec célérité les re/)<2m^zo/i6' nécessaires. A cet effet, il est à recommander d'avoir constamment à sa disposition le personnel, l'outillage, les pièces de rechange, ce qui suppose l'existence d'une ou plusieurs équipes d'ouvriers spéciaux, mobilisables au premier signal, et d'un dépôts contenant un approvisionnement complet de pièces de fonte et d'appareils de toutes les dimensions et de tous les types. Les travaux s'exé-

cutent tantôt en régie, tantôt par voie d'entreprise : grâce aux progrès réalisés dans la construction des canalisations d'eau, la dépense en est peu élevée, car les avaries sont relativement rares.

175. EiKploUatiou , — L'exploitation d'un service d'eau comporte incessamment des manœuvres^ dont le nombre varie beaucoup avec Timportance et la complexité du réseau et aussi avec le mode de distribution. Ces manœuvres ont pour objet d'isoler, suivant les besoins, telle ou telle partie de la canalisation, de faire les arrêts d'eau nécessaires pour les travaux de réparation, d'embranchement, de prolongement, etc., de procéder aux opérations de remplissage, de vidage, de nettoyage, etc. Elles doivent être conduites, en parfaite connaissance de cause, par des agents suffisamment au courant de la disposition et de l'usage des diverses parties pour procéder dans l'ordre convenable, avec la méthode et la précision qui seules peuvent conjurer les erreurs et prévenir les accidents ; elles doivent aussi être exécutées sans précipitation ni brutalité, afin de ménager les appareils et d'éviter les coups de bélier dangereux. Elles peuvent devenir nécessaires inopinément^ en cas d'accident sur la canalisation, par exemple, ou lorsqu'il s'agit de combattre un incendie considérable; d'oii Futilité des postes de permanence, pourvus d'appareils avertisseurs, et en relation avec les pompiers, comme on en trouve dans les grands services.

Lorsque les manœuvres comportent le vidage de quelque conduite, il est difficile, malgré toutes les précautions prises au moment du remplissage ultérieur, d'éviter des cantonnements cTaiT en certains points de la canalisation : parfois aussi la production d'un mde relatif est la conséquence d'un écoulement trop brusque ou trop rapide. Il n'en résulte d'ordinaire aucun inconvénient grave : mais on ne doit jamais négliger d'en tenir compte ; et il est à recommander de tout prévoir pour demeurer à l'abri de la pénétration de liquides ou de gaz suspects, ou pour prévenir les désordres que peut causer parfois la présence de l'air dans certains appareils destinés à fonctionner sous la pression de l'eau.

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RÉSEAUX DE CONDUITES

Pour que les appareils de distribulion branchés sur les réseaux de conduites se maintiennent en état de bon fonclionnement, il est indispensable qu'il en soit fait très fréquemment usage : or certains d'entre eux, les bouches d'incendie par exemple, n'ayant que des emplois intermittents et même relativement rares, risqueraient de se gripper et de prendre une adhérence fâcheuse, s'ils n'étaient l'objet de soins préventifs, qui rentrent naturellement dans le cadre de l'exploitation. Ces soins consistent d'ordinaire en manœuvres périodiques, auxquelles on procède à intervalles réguliers.

Enfin la recherche et la suppression des fuites doivent être une des préoccupations constantes de tout service d'exploitation, en raison des dangers qu'elles présentent pour la circulation publique, pour les ouvrages souterrains et pour les maisons riveraines, et aussi des pertes d'eau importantes qui en résultent. Les fuites considérables^ que causent les ruptures ou les déboîtements de conduites, sont aisément signalées par les indications de manoxnètres^ disposés en nombre suffisant et en des points convenablement choisis sur le parcours du réseau : en y ajoutant une sonnerie d'alarme dans certains postes de service, on les transforme ^\i\Qv\i?ih\e^ avertisseurs de fuites. Il est, par contre, très difficile de reconnaître les petites fuites, nombreuses et disséminées, dues aux imperfections des joints : aussi les néglige-ton souvent, non sans raison d'ailleurs, car dans bien des cas la dépense à faire pour les déceler serait hors de proportion avec le bénéfice que leur suppression pourrait procurer, et ce serait au surplus une utopie que de prétendre les faire entièrement disparaître; mais, dans les très grands services, oii elles se multiplient et où, l'eau étant rare et chère, elles deviennent particulièrement onéreuses, il peut y avoir un réel intérêt à en poursuivre systématiquement la réduction progressive. Divers procédés ont été préconisés à cet effet. La généralisation des compteurs^ qui mesurent Teau délivrée aux particuliers, est un des plus recommandables, car il détermine de la part des abonnés une surveillance très efficace des canalisations particulières, et limite dès lors pour l'exploitant la recherche des fuites aux canalisations publiques ; on peut d'ailleurs étendre à ces dernières le

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