MAISONS
So-MMAiRE : 176. Service public. Service privé; 177. Prises et branchements ; 178. Appareils publics ; 179. Vente et tarification de l'eau : 180. Modes de livraison ; 181. Réglementation usuelle des abonnements ; 182. Distribution intérieure.
fîG. SerTîce puhlic. Service privé. — L'eau amenée et distribuée dans une ville trouve d'abord son utilisation sur les voies publiques et dans les promenades : un certain nombre d'orilices y sont répartis, à l'effet de fournir aux habitants en général, ou tout au moins aux ménages pauvres. Teau nécessaire à la boisson et aux usages domestiques ; d'autres ont pour objet la propreté et la salubrité publiques et servent au lavage des caniveaux, à l'arrosage des chaussées et des promenades, à l'entrainement rapide des immondices, au nettoyage des égouts ; d'autres contribuent à Texlinction des incendies ; quelques-uns enfin sont appelés à répandre la fraîcheur dans l'atmosphère ou à prendre part à l'embellissement général. Ceux qui sont destinés à l'usage public doivent naturellement être placés bien en vue et demeurer facilement accessibles : dans les petites villes, il est d'usage de les disposer aux carrefours ou sur de petites places ; dans les villes plus importantes, où la circulation des voitures est
assez active pour faire écarter cette solution, on les établit sur les trottoirs, et de telle sorte qu^il n'en résulte ni gêne pour les passants, ni menace d'humidité pour les bâtiments ; la plupart du temps ils se présentent en saillie au-dessus du sol. Ceux dont ^utilisation est réservée aux agents des services publics sont plus souvent, au moins en France, établis en profondeur et renfermés dans des boites métalliques, dont le couvercle affleure exactement le niveau du sol : ils ne causent de la sorte aucun encombrement ; il est vrai qu'ils sont aussi moins apparents, mais les agents exercés à s'en servir les connaissent et les retrouvent, et, au besoin, on peut les signaler — comme on le fait par exemple pour les bouches d'incendie — par une plaque très visible, accolée à bonne hauteur contre le mur voisin.
Le prix auquel revient l'eau dans les distributions urbaines est généralement assez élevé pour qu^il soit de règle de ne point en tolérer le gaspillage, et, dans les services bien organisés, on s'arrange en conséquence pour qu'il n'en soit pas fait d'emploi inutile : c'est pourquoi l'on y proscrit d'habitude les écoulements continus. Les orifices de puisage mis à la disposition du public sont commandés par des boutons ou des leviers, qu^il faut tenir à la main pendant toute la durée de l'écoulement ; ceux qui sont réservés aux agents des services publics ne peuvent être manœuvrés qu'au moyen des clés spéciales dont ils sont porteurs : de la sorte, les puisages utiles sont toujours facultatifs et les abus se trouvent sinon entièrement supprimés, du moins réduits au minimum.
Quanta la fourniture de l'eau dans l'intérieur des maisons, pour le service privée elle ne donne plus lieu, comme dans l'antiquité et jusqu'à la fin du xvm® siècle, à des concessions accordées par faveur à quelques privilégiés, mais se trouve parlout soumise au régime des abonnements^ qui sont consentis indistinctement à tous ceux qui acceptent d'en payer le prix et se soumettent aux conditions auxquelles ils sont subordonnés. Ce régime est parfaitement rationnel, puisqu'il fait supporter la dépense de la distribution à ceux qui en profitent et proportionnellement à Futilité qu'ils en retirent : il a pour corollaires logiques la constitution d'une sorte de monopole, qui est ici dans la nature des
choses et dans l'intérêt de tous, puisque l'eau — objet d^absolue nécessité d'une pari et de l'autre agent de salubrité par excellence— doit être répandue à profusion, au prix le plus réduit possible, et aussi l'intervention des administrations municipales, dont la gestion, ou tout au moins le contrôle effectif, met l'alimentation de tous à Tabri des caprices, des négligences et de l'avidité d'un particulier ou d'une société industrielle. La tendance actuelle dans tous les pays est favorable à la gestion directe^ qui s'applique désormais à la majorité des services d^eau urbains, et dont Tavantage est manifeste, toutes les fois qu'elle est éclairée, bien conduite, et sait se rendre indépendante des préoccupations électorales : on a de moins en moins recours aux traités de concession, et ceux conclus dans la période antérieure donnent lieu à des rachats de plus en plus fréquents.
t7*î. Prises et brancheitieBits. — Pour ^alimentation des orifices du service public ou des canalisations du service privé, des prises sont pratiquées sur les conduites de distribution, et des branchements relient ces prises soit avec les appareils des voies publiques ou des promenades, soit avec l'intérieur des maisons.
Dans quelques villes allemandes on a disposé, sur les conduites publiques, des tubulures en attente pour les prises ; mais ce système dispendieux n'a pas été consacré par la pratique courante :
le plus souvent on perce la conduite au point où il y a une prise à faire et Ton y raccorde un tuyau de plomb de diamètre approprié. Autrefois, afin d'éviter tout danger de rupture au moment du percement^ on faisait venir de fonte sur chaque