TROISIÈME PARTIE
tuyau UQ disque saillant, appelé mamelon, sur lequel se faisait la prise, ou même toute une bande saillante formant comme une sorte de bague.
Cette précaution est tombée en désuétude, et le percement se fait presque partout au moyen d'un collier de fer, portant un renflement percé d'un trou, dit lunette, en face duquel vient se fixer le branchement : le collier, composé de deux pièces, se place aisément dans la position convenable et y est maintenu par deux boulons de serrage, après quoi la conduite, préalablement vidée, est percée au moyen d'un outil à mèche, passé à travers la lunette ; un robinet vient s'adapter sur la prise et permet de remettre la conduite en charge ; on peut ensuite à loisir établir le branchement à la suite. Mm d'éviter l'arrêt d'eau, qui a l'inconvénient d'interrompre le service pendant plusieurs heures,
on a imaginé des appareils au moyen desquels la prise s'effectue sur la conduite en charge : le dispositif le plus répandu, inventé et depuis fort longtemps usité en France, consiste simplement dans l'emploi d'un outil qui traverse le robinet, fixé d'avance sur le collier ; dès que Feau jaillit, on retire Foutil et on ferme le robinet.
Le branchement ne présente à vrai dire aucune particularité et se pose habituellement en terre, comme la conduite elle-même. Dans le cas, relativement rare, oïj cette dernière se trouve en galerie, on peut se proposer d'envelopper aussi le branchement, afin d'éviter les infiltrations possibles ; on emploie à cet effet soit une petite galerie latérale, soit une gaine métallique ou fourreau.
198. Appareil!» publics. — Les appareils affectés aux usages publics doivent être à la fois simples et robustes, de manœuvre facile, aisément démontables pour la commodité des visites et des réparations ; il est à recommander de les pourvoir de dispositifs appropriés, afin d'éviter les projections désagréables pour
GHAP. XXIV. -
les passants et d'assurer récoulement rapide de Teau surabondante qui se répandrait au voisinag-e sur le sol. Ceux qui sont en saillie sur les trottoirs doivent y être le moins encombrants que faire se peut, sauf dans les cas exceptionnels où on leur donne un aspect artistique ou monumental, en vue de les faire concourir à la décoration g"énérale. Ceux qui sont arasés au niveau du sol doivent être pourvus de couvercles solides, point glissants, bien assujettis et ne se déplaçant pas sous le pied, capables en outre de résister aux tentatives inspirées par la malveillance ou la cupidité. Tous sont à défendre contre la gelée, à moins qu'on ne les mette hors service durant les temps froids : on y parvient sans peine, soit en réalisant un petit écoulement continu, qui constitue en l'espèce une perte d'eau justifiée, soit en adoptant des dispositifs qui, en dehors des périodes de puisage, tiennent l'eau à une profondeur suffisante pour échapper à l'influence de la température de l'air.
Parmi les appareils publics, les plus importants autrefois étaient les foiitmnes de puisage^ qui fournissaient seules dans les villes, comme il arrive encore dans la plupart des villages, Teau nécessaire à l'alimentation des habitants ; et on leur donnait fréquemment des dispositions architecturales en rapport avec le rôle si intéressant qu'elles jouaient alors; l'importance bien moindre de nos homes-fontaines actuelles explique le dispositif en usage, qui consiste presque uniformément dans l'emploi d'une sorte de borne en fonte, isolée ou adossée, dont l'orifice, placé à hauteur convenable pour le remplissage d'un seau, débite le contenu de ce seau, 6 à 10 litres, en vingt secondes environ, lorsqu'on manœuvre l'obturateur ; le bouton ou le levier à repoussoir est souvent disposé de manière à combattre TefFet du coup de bélier au moment de la fermeture ; un robinet d'arrêt permet d'isoler l'appareil du branchement qui l'alimente; une cuvette^, placée sous l'orifice et reliée à l'égout ou au caniveau, reçoit et écoule l'eau surabondante ; enfin un raccord spécial, dont le pas est celui en usage dans le service des pompiers, permet d'y adapter au besoin un boyau d'incendie.
Il convient d'en rapprocher les appareils destinés à fournir Teau de boisson aux passants et qu'on désigne à Paris sous le
nom de fontaines Wallace : eti raison de Tusage spécial qui leur est assigné, ces appareils peuvent avoir un débit très réduit, puisqu'il s'agit d'y remplir un verre, un gobelet, tout au plus une carafe et non plus un seau ; la faiblesse même de ce débit permet d'y faire exception à la règle qui proscrit les écoulements continus, en vue de conserver à Teau sa fraîcheur naturelle. Placés en petit nombre dans des points très fréquentés, ces appareils spéciaux ont reçu des dimensions et un aspect qui ont pour effet de les mieux signaler à l'attention.
Les appareils de lavage, qui fournissent l'eau nécessaire au nettoyage des ruisseaux, viennent souvent s'intercaler dans les bordures des trottoirs, au point haut ou heurt du circuit fermé de caniveaux qui entoure chaque îlot de maisons. Ils consistent alors en une bouche sons- trottoir, dont la boîte en fonte s'aligne avec la bordure et qui se compose essentiellement d'une soupape en
bronze, manœuvrée de l'extérieur au moyen d'une clé, et d'un orifice, recouvert d'une cloche qui brise la pression de l'eau avant qu'elle vienne s'écouler parles deux ouvertures placées dans le caniveau même : l'écoulement est réglé ordinairement à raison de 100 litres par minute ou 1 1. 67 par seconde ; un robinet d'arrêt commande l'arrivée de l'eau, et le bord de l'orifice, fileté au pas des pompiers, permet, en relevant le couvercle qui le laisse alors à découvert, d'y visser un boyau d'incendie.
Pour l'arrosage des voies publiques, on se contente parfois de l'emploi de simples arrosoirs, qu'on peut remplir aux bornes-fontaines, ou encore aux bouches de lavage, en y adaptant une sorte de tuyau recourbé, dit col de cygne^ muni d'une soupape ou d'un robinet, et au moyen duquel on les transforme en appareils de
GHAP. XXIV. —
puisag-e ; mais le plus souvent on pratique l'arrosage au tonneau ou à la lance, et Ton dispose des bouches d'arrosage spéciales, dont la boîte, de forme carrée ou ronde, est enterrée dans le sol: en relevant le couvercle qui la ferme, on découvre un raccord fileté, sur lequel peut se fixer le boyau flexible qui sert au remplissage du tonneau ou le tuyau articulé porté sur chariots mobiles qui se termine par la lance de projection. Dans les promenades, des bouches de même type se prêtent à l'alimentation des appareils variés qu'on utilise pour l'aspersion des pelouses.
Tous les appareils qu'on vient d'énumérer sont disposés pour être utilisés en cas d'incendie : on a déjà mentionné le raccord d'incendie^ dont les bornes -fontaines de puisage sont toujours pourvues, et signalé l'utilisation de l'orifice fileté des bouches de lavage pour la fixation des boyaux d'incendie^ les bouches d'arrosage s'y prêtent également. Mais il s'agit là d'orifices de 0 m. 040 de diamètre seulement^ qui ne peuvent alimenter qu'une lance à la fois ; et, dans les très grandes villes, ce ne serait qu'un secours insuffisant : on y établit donc en outre des bouches spéciales d'incendie, tout à fait analogues aux bouches d'arrosage, mais de dimensions plus considérables, du diamètre de Om. 100 par exemple, qui
peuvent soit recevoir des raccords multiples sur lesquels s'adaptent plusieurs lances à la fois pour le jet direct, soit alimenter des pompes à vapeur de grand débit.
Il convient de mentionner encore, parmi les appareils pubhcs, les effets d'eau qui assurent le lavage continu des stalles d'urinoirs ou des latrines, ceux qui déterminent les chasses dans les égouts, les postes d'eau placés près des stations de voitures de place, ceux des marchés, des champs de foire, etc.
Dans les fontaines décoratives^ la part de l'architecte l'emporte