TROISIÈME PARTIE
importance des pluies, nature du sol, proporlion des surfaces pourvues d'un revêtement imperméable, quantités d'eau distribuées pour l'alimentation ou employées aux divers usages, développement et nature des industries, etc. La moyenne en est souvent assez peu différente du volume moyen de l'eau fournie par la distribution, les pertes par évaporation, infiltration, etc., étant compensées par les eaux météoriques. Le débit instantané s'écarte d'ailleurs souvent beaucoup de cette moyenne : non seulement il peut à certains moments subir un accroissement énorme, par suite des pluies d'orage^ ou tout au moins fort important, lors des pluies moyennes, mais encore il présente toujours, en temps sec, des variations plus ou moins marquées, qui dépendent des habitudes locales, et oii l'on retrouve assez g-énéralement des minima, la nuit, durant le repos dominical, ainsi que pendant les périodes froides et humides, des maxima, vers le milieu de chaque jour, à certains jours de la semaine, le samedi par exemple, et aux époques de grandes chaleurs.
La composition des eaux souillées est elle-même très variable, on le conçoit. Peu chargées lors des grandes pluies, elles le sont beaucoup plus en temps sec, plus aussi le jour que la nuit; et l'on y trouve à la fois, en suspension et en dissolution, les matières les plus diverses, ainsi que d'innombrables microorganismes. Par suite des réactions multiples qui se produisent dans un pareil milieu, des décompositions qui en résultent, des fermentations qui y sont inévitablement provoquées, les modifications y sont rapides, et bientôt des gaz ammoniacaux et sulfhydriques s'en dégagent, communiquant à l'atmosphère confinée des conduits d'écoulement une odeur spéciale et caractéristique, toutes les fois que l'aération n'est pas suffisamment active : les hygiénistes anglais ont longtemps attribué à l'air vicié de ces conduits une foule de méfaits, et manifesté en conséquence, vis-à-vis des gaz qui s'en échappent, des craintes qu'on tend aujourd'hui à taxer de quelque exagération, mais qui n'en ont pas moins été salutaires, parce qu'elles ont appris à se défendre efficacement contre l'expansion de ces gaz, en tout cas malodorants et désagréables, dans l'intérieur des habitations.