PREMIÈRE PARTIE
HYDROLOGIE
à terrain très perméable^ où le ruissellement est presque nul, ils sont au contraire très nombreux dans les terrains imperméables, oia Ton en rencontre dans chaque pli de terrain.
Les cours d'eau plus importants, formés parla réunion de plusieurs ruisseaux ou torrents, occupent le fond élargi des grandes vallées : ils s'y creusent un lit généralement sinueux, présentant en plan une série de méandres, et dont la section affecte une forme sensiblement triangulaire, formée par un chenal relativement profond, entre deux berges à pentes inégales, dont la plus escarpée correspond à la concavité des couches au pied des coteaux. Lorsque les vallées sont creusées dans les terrains imperméables, leurs flancs s'arrondissent sous l'influence du ruissellement superficiel et leur fond est sensiblement concave ; en terrains perméables^ les flancs demeurent abrupts et le fond est plat, à moins que l'apport de matières charriées et provenant des parties hautes du bassin ne lui donne le bombement caractéristique des lits de déjection : dans ce dernier cas, le cours d'eau
occupe fréquemment le sommet de la partie bombée^ et des lits secondaires ou fausses rivières se forment sur l'un ou l'autre côté, parfois sur les deux à la fois.
Le profil en long des cours d'eau se compose d'ordinaire, sauf quelques irrégularités accidentelles correspondant à des étranglements ou des épanouissements du lit, d'une série de pentes, qui diminuent progressivement de l'origine à l'extrémité, de sorte qu'il affecte, dans l'ensemble, une forme concave, qui se rapproche d'une demi-parabole. Souvent on y distingue, comme pour la Durance, une partie torrentielle, à déclivités prononcées, où les matériaux charriés se succèdent par ordre de grosseur, suivant les vitesses d'entraînement qui dépendent des déclivités mêmes, puis une partie à régime plus régulier et plus tranquille, et enfin une partie basse, où la masse d'eau tend à divaguer et serpente dans un amas homogène de gravier ou de sable. Quand cette partie basse vient aboutir à la mer, il se forme souvent à Tembouchure des fleuves des dépôts de gravier ou de sable, qui constituent les deltas dans les mers sans marée, les barres dans