CHAPITRE XXV. — ÉVACUATION DES EAUX NUISIBLES ô
les laissant apparents autant que possible, pour faciliter les visites et les réparations. Des précautions analogues s'appliquent aussi aux conduits inclinés d'évacuation finale.
Le tracé des uns et des autres se composera de lignes droites, raccordées par des courbes de rayons assez grands pour faciliter l'écoulement et ne pas provoquer de dépôts ; leurs déclivités doivent être assez prononcées pour assurer une vitesse d'écoulement suffisante, également destinée à s'opposer aux dépôts, leurs sections assez réduites pour que les liquides évacués déterminent partout et toujours un lavage effectif des parois. '^^^^•^^^^^^^
Les tuyaux de chute ou de descente s'exécutent ordinairement en fonte ou en plomb : le plomb est très recommandable en Fespèce, car il donne des conduits peu volumineux, à paroi lisse, à peu près inaltérables et parfaitement étanches ; plus économique, la fonte doit être employée, non plus en tuyaux minces avec joints au ciment, insuffisamment étanches et trop facilement percés par la rouille, mais en tuyaux au moins demi-épais, dits salubres, avec emboîtements élargis et joints au plomb. Les conduits inclinés d'évacuation, placés en terre ou en sous-sol, se prêtent plutôt à l'emploi des tuyaux, plus volumineux mais moins coûteux, en grès vernissé, qui se posent ordinairement avec joints au ciment. Sur le parcours, il convient de placer, en des points convenablement choisis, des regards^ destinés à faciliter la surveillance de la canalisation et à permettre le nettoyage de toutes les parties exposées à la production de dépôts : ce sont de simples tubulures, ménagées sur les conduits et fermées hermétiquement par
des tampons mobiles, fixés eux-mêmes assez solidement pour résister, au besoin, à la pression intérieure. On s'assure, avant la mise en service, de l'étanchéité des canalisations, par une épreuve générale, soit au moyen de petits appareils mécaniques ou de cartouches combustibles produisant en abondance de la fumée, qui vient apparaître partout où les parois ou les joints présentent quelque défectuosité, soit en introduisant dans les tuyaux quelques gouttes d'essence de menihe, dont le parfum subtil et très aisément perceptible les décèle avec la même facilité ; on complète parfois Fessai par une épreuve de pression, en remplissant d'eau la partie inférieure de la canalisation, jusqu'au niveau oia Ton présume que le reflux pourrait s'élever en cas d'obstruction.
tSH . Canalisation sous lesToics pul»liqucs. — Les égouts^ destinés à recevoir les eaux des caniveaux de la rue et celles des maisons riveraines, se placent d'ordinaire sous la chaussée, dans Faxe même de la voie publique qu'ils desservent, à égale distance des trottoirs et des maisons de part et d'autre. C'est seulement lorsque les voies sont très larges, comme nos boulevards, qu'on substitue à l'égout axial unique deux égouts latéraux sous les trottoirs.
A ces égouts sont raccordés, par des branchements, tant les orifices de la rue, les bouches d^égout, qui s'ouvrent dans les caniveaux ou les bordures de trottoirs, que les conduits d'évacuation des maisons.
Dans le cas général, les égouts sont des aqueducs à écoulement libre, oii l'eau ne remplit la section qu'en partie et ne se met qu^exceptionnellement en pression. Ils sont constitués tantôt par des conduits, composés de tuyaux comme la canalisation intérieure des maisons, tantôt par des galeries, de dimensions suffisantes pour qu'un homme puisse s'y introduire et y circuler à l'aise. Ces deux types ont leurs avantages et leurs inconvénients respectifs : les galeries absorbent généralement sans peine toutes les eaux pluviales, même en temps d'orage, reçoivent sans difficulté les matières solides entraînées, se prêtent aisément aux visites, nettoyages, réparations, peuvent recevoir