RÉSEAUX D'ÉGOUTS
méable parfaitement appliqué, ou opérer uu rejointoiement minutieusement serré : parfois on fait plus encore, et, dans les
égouts en briques notamment, on exécute le radier avec revêtement en poterie dure, en carreaux céramiques, ou entièrement en pièces spéciales de grès vernissé.
Conduits et galeries s'exécutent presque toujours dans des tranchées^ ouvertes le long des voies publiques. Quand il s'agit d'y descendre des tuyaux, ces tranchées, de faible largeur, ressemblent à celles qui sont usitées pour la pose des conduites d'eau ; mais elles sont en général plus profondes, à cause du niveau auquel débouchent les branchements des maisons, qui doivent se raccorder avecl'égout, de sorte que les boisages y prennent plus d'importance : si le terrain est meuble, ou compressible, il est à recommander de procurer aux tuyaux, dont la fragilité redoute le tassement des terres, une assiette solide, en les faisant reposer sur une couche de béton maigre ou de sable fin pilonné ; les joints doivent être confectionnés avec soin, essayés si possible sous faible pression ; les raccords, difficiles à réaliser après coup, sont avantageusement préparés d'avance par l'interposition de pièces spéciales. Pour l'établissement des galeries, les tranchées, sensiblement plus larges, ont leurs parois soutenues le plus souvent par des platsbords horizontaux, que maintiennent des couches verticales, serrées de part et d'autre contre les plats-bords par des étré-
sillons ; la partie basse en est dressée au gabarit pour recevoir la
maçonnerie du radier et des piédroits ; lorsque cette maçonnerie parvient au niveau des naissances de la voûte, on pose les cintres, puis on exécute la voûte, on la recouvre d'une chape destinée à la protéger contre les eaux d'infiltration, on revêt la chape ellemême d^une couche de sable, puis on remblaie par petites couches pilonnées, sauf à attendre que le remblai ait convenablement tassé pour procéder à la réfection du revêtement de la chaussée ou du trottoir. Ce mode de construction se complique si le sol est humide ou manque de résistance : dans le premier cas, il faut recourir à un drainage ou à des épuisements ; dans le second, adopter des dispositions spéciales, établir par exemple l'ouvrage sur un plateau de béton ou sur des arcatures, portées par des piliers en béton ou en maçonnerie, descendus jusqu'au solide.
Pour éviter la gêne qui résulte de pareils travaux, entrepris au milieu de voies urbaines fréquentées, on substitue parfois à l'exécution en tranchée le percement souterrain, en appliquant ies méthodes mêmes qu'on mettrait en œuvre s'il fallait cheminer à grande profondeur : tantôt ce sera le procédé classique par boisages, tantôt on emploiera le bouclier, qui, depuis l'application qui en a été faite au collecteur parisien de Clichy (189S), en a trouvé d'autres dans toutes les parties du monde civilisé.
L'encadrement des bouches se fait en pierre dure, souvent en granit : il se compose d'une bavette, raccordée avec le caniveau, et d'un couronnement évidé, qui s'aligne avec la bordure de trottoir, si les bouches sont placées sous trottoir ; c'est un simple cadre rectangulaire, à rainure creuse, quand l'orifice s'ouvre dans le caniveau et reçoit une grille. Les cheminées de regards se terminent à leur partie supérieure par un châssis fixe, disposé pour recevoir l'opercule mobile : dans le plus grand nombre des cas le châssis, de forme carrée, est en fonte, et présente une rainure circulaire, dans laquelle vient se loger le tampon \ ce dernier est ajouré, s'il doit servir de prise d'air, plein dans le cas contraire, mais toujours pourvu d'un œil central, qui permet de le manœuvrer à l'aide d'une pince en fer, et suffisamment lourd pour ne pouvoir être déplacé à la main par les passants ; afin que la surface n'en devienne point glissante, on y ménage des saillies venues de fonte, ou Ton y encastre du bois ou du bitume ; des