CURAGE DES ÉGOUTS
Sommaire : 193. Nécessité du curage ; 194. Emploi des chasses; 195. Extraction des matières solides; 196. Exploitation des égouts.
193. MécessUé dii curage. — Les eaux souillées reçues dans les égouts entraînent une proportion notable de matières solides, qui tendent à se déposer, dès que la vitesse du courant se ralentit; et il est à peu près impossible de maintenir partout et toujours cette vitesse^ de manière à combattre efficacement la formation de dépôts^ si bien qu'il n'est point de réseau où des opérations de ci^m^e ne soient absolument inéluctables.
On ne peut que s'efforcer d'en diminuer l'importance, soit par des dispositions prises pour faciliter le passage et l'écoulement rapide des eaux chargées de matières solides, dispositions dont quelques-unes ont déjà été mentionnées, telles que les formes arrondies et les sections rétrécies préconisées pour les conduits et galeries, les raccordements courbes, les pentes prononcées, etc., soit par l'interposition d'ouvrages destinés à retenir les corps solides, avant qu'ils ne pénètrent dans les égouts, tels que les petits puisards, avec ou sans récipients mobiles, qu'on place ordinairements au-desous des bouches siphonnées^ et qu'il faut avoir soin de visiter et de vider à courts inter-
valles, afin d'en maintenir le foncLionnemenl permanent, qui cesserait s'ils s'emplissaient jusqu'au nivtuau du siphon.
Quoi qu'on fasse dans ces deux ordres d'idées, ia constitution progressive de dépôts, plus ou moins abondants^ sur le parcours des égouls de toutes formes et de toutes dimensions, ne saurait être évitée d'une manière absolue : la pratique s'est chargée de le démontrer^ puisque, là mémo où l'on croyait avoir réalisé des conduites capables de se curer automatiquement (se// cleansing sewe^^s)^ de nombreuses obstructions n'ont pas tardé à dissiper cette illusion et à imposer la multiplication des regards de visite, en même temps que l'institution de nettoyages périodiques au moyen d'un outillage approprié.
Au point de vue de ce curage, dont la nécessité vient d'être établie, il convient de distinguer plusieurs catégories de matières solides. Quelques-unes, d'origine organique, se décomposent dans le milieu complexe oii elles sont en suspension, par suite des actions microbiennes qui s'y produisent, subissent une sorte de dissociation, qui aboutit à la liquéfaction complète au bout de quelque temps, ainsi qu'on l'observe en particulier pour les matières fécales, les papiers, etc. Parmi celles qui résistent à ces effets biologiques, les unes, beaucoup plus légères que l'eau, se maintiennent à la surface et y demeurent flottantes, tant que l'écoulement se fait sous une épaisseur suffisante : ce sont les feuilles, les pailles, les bouchons, les débris végétaux en général, qu'on confond sous la désignation fumiers. Au contraire, les corps de poids spécifique supérieur à celui de l'eau tendent à gagner le fond, à s'y arrêter, à y former des bancs, au moindre ralentissement du courant : les parcelles minérales provenant de l'usure des chaussées y dominent, d'où la dénomination do sables^ sous laquelle ils sont ordinairement classés. Entre les deux viennent se placer les vases^ composées de particules très fines, de densités diverses, que leur ténuité maintient longtemps en suspension et qui s'y remettent aisément à la moindre reprise ou à la première accélération de l'écoulement.
Parmi ces diverses matières, il n'y a pas à se préoccuper des premières, dont le travail des bactéries détermine la disparition; les vases, grâce à leur mobilité, peuvent être facilement entraî-