CHAPITRE XXVII. - CURAGE DES ÉGOUTS
nées à la moindre pluie; les fumiers et les sables sont donc seuls redoutables, ceux-ci formant assez vite des masses compactes, dures et adhérentes, dont les pluies ordinaires n'ont presque jamais raison, et qui vont augmentant sans cesse, au point de rétrécir les sections et de préparer des engorgements graves, ceux-là s^arretant et s'accumulant au moindre obstacle, formant des barrages dangereux, paillassonnant les grilles, s'engageant dans les organes des engins mobiles ou des appareils élévaloires.
Vases et sables sont d'ailleurs exposés à la fermentation putride, pour peu que les dépôts séjournent quelque temps sur les radiers des égout, d'où dégagement de gaz viciés, malodorants et dangereux, parfois inflammables, qu'il importe de prévenir par un enlèvement rapide, fréquemment répété.
Les moyens employés varient suivant les dispositions des ouvrages, la nature des corps solides à recueillir et à extraire, les circonstances locales : on a facilement raison des vases par des lavages systématiques^ sous forme de chasses^ qui produisent des courants artificiels assez violents pour les agiter et les entraîner; il est déjà plus malaisé de recueillir les fumiers; mais ce sont les sables qui constituent la grosse difficulté du curage, qui appellent le principal effort et nécessitent rintervention coûteuse du travail à bras ou des engins mécaniques.
t04. Emploi des cha^K^eis. — 11 faut des circonstances exceptionnelles pour obtenir des chasses puissantes, capables de curer à vif fond des égouts ensablés : on les rencontre quelquefois, au voisinage d'une rivière canalisée par exemple, dont les eaux, pour passer d'un bief dans un autre, peuvent être dirigées à travers un réseau d'égouts établi à un niveau intermédiaire, et y prennent, sous l'influence de la chute, une vitesse plus ou moins considérable ; ou encore dans les villes maritimes, oii Ton dispose à basse mer des retenues d'eau importantes accumulées dans les bassins à flot.
Hors ces cas relativement rares, il faut, pour obtenir des chasses, créer des retenues spéciales ; et, comme il en coûte
cher, on se contente d'y accumuler des volumes d'eau restreints, dont l'effet demeure limité et qui n'ont par suite d'action que sur les dépôts de vases.
Ces retenues peuvent être obtenues par des barrages mobiles,
établis dans les ég-outs eux-mêmes, et derrière lesquels les eaux sales s'élèvent, jusqu'au moment oii on les manœuvre pour opérer des lâchures :
dans les galeries, ce sont des vannes à déplacement vertical ou angulaire, des portes tournantes à charnières qu'on verrouille et qu'on déclanche à volonté, parfois de simples barrages à poutrelles ou des panneaux en hois qu^on pose et qu'on enlève au moment opportun ; sur le parcours des conduits ou tuyautages, on utilise souvent les regards pour l'accumulation de l'eau sale destinée aux chasses, en fermant momentanément l'orifice du conduit d'aval par une vanne ou un clapet. Simple et très économique, ce procédé s^est naturellement répandu de bonne heure et vite généralisé; malheureusement, il a l'inconvénient de provoquer la stagnation des eaux souillées, dont l'accumulation et le reflux dans les égouts et les branchements ont précisément pour conséquence des effets analogues à ceux que Ton s'attache à combattre, formation de dépôts et dégagement de gaz.
On Ta grandement amélioré, en substituant aux eaux sales, qui circulent dans les égouts et qu'on arrête au passage, de l'eau propre empruntée soit à une nappe superficielle, soit même aux conduites de la distribution : l'emploi de l'eau de la distribution, applicable dans toutes les villes oh il en existe, tend, malgré les frais élevés qu'il comporte, à se développer beaucoup, en raison des avantages manifestes qu'il présente. Parfois on se