‹ Hydraulique agricole et urbaineChapitre 5 sur 415 · SITUATION GÉNÉRALE EN FRANCE · texte numérisé non relu

SITUATION GÉNÉRALE EN FRANCE

ment que prenaient dans les villes l'alimentation en eau salubre et révacuation systématique des eaux souillées, ainsi que le fait si nettement ressortir la courbe caractéristique, dressée par Fing-énieur W. H. Lindley, d'après les constatations relevées à Francfort-sur-le-Main. Partout, d'ailleurs, la mortalité générale diminue en même temps, fournissant un sûr et précieux critérium de l'amélioration obtenue : il n'est pas rare qu'après des travaux bien dirigés elle soit réduite de 10, 20, 30 pour 100 et plus.

Sans doute on n^obtient pas de semblables résultats sans s'imposer des dépenses importantes. Aussi, quand il s'agit d'améliorations agricoles, ne doit-on pas manquer d'examiner, préalablement à l'exécution des travaux, si les conséquences à en attendre doivent être assez fructueuses pour en justifier les frais, de calculer aussi exactement que possible le prix de revient afin de s'assurer qu^il ne dépasse point la valeur du service rendu; mais bien souvent le bénéfice est si grand qu'il peut rémunérer d'énormes dépenses ; n'a-t-on pas de nos jours eu profit à consacrer des centaines de millions aux canaux d'irrigation dans l'Inde ou la Californie, aux grands barrages en Egypte? Quand il s'agit d'hygiène, cette considération s'efface même dans bien des cas et l'on a pu dire, non sans quelque vérité, qu'en pareille matière (( toute dépense est une économie », car on sauve par là des vies humaines, et pour l'homme u la vie est sans prix », comme le proclamait un hygiéniste anglais Ses compatriotes l'ont ainsi compris puisque c'est par milliards qu'on suppute les dépenses d'ordre sanitaire faites depuis quarante ans dans le Royaume-Uni ; en France, Paris, Marseille, n'ont pas non plus reculé devant les sacrifices utiles, et d'autres villes ont suivi ce salutaire exemple : là encore cependant ne faut-il pas dépenser sans compter et doit-on recommander, tout en poursuivant sans hésitation ni faiblesse le résultat désirable, de s'attacher de préférence aux solutions les plus économiques.

e. Situation générale cm France. — A l'un et à l'autre

(1) Baldwin-Latham.

INTRODUCTION

point de vue, il y a bien des amélioralions à rechercher dans notre pays.

Les ressources hydrauliques de la France sont loin d'être utilisées comme il le faudrait. La totalité des bassins représente une superficie de S3. 000. 000 d'hectares : il y tombe de 0 m. 65 à 0 m, 95 de pluie par an, 0 m. 73 en moyenne, ce qui correspond à un volume d'eau de 400.000.000.000 de mètres cubes; les cours d'eau en débitent 180.000.000.000; ralimenlation proprement dite, industries comprises, ne réclame pas plus de 250 litres par jour et par habitant, soit pour 36.000.000 d'habitants 9.000.000 de mètres cubes par jour ou 3.285.000.000 par an. La différence, si tout était emprunté aux cours d'eau, serait encore de 176.715.000.000 de mètres cubes. Or une pareille quantité d'eau permettrait, à raison de 15.000 mètres par hectare et par an, chiffre moyen, d'effectuer l'irrigation de plus de 12 millions d'hectares, un quart de la superficie totale du territoire, davantage même si l'on employait plusieurs fois la même eau. Cette même quantité, qui pour atteindre le niveau de la mer, tombe moyennement d'une hauteur de 150 mètres, représente 11.225.260 chevaux-vapeur de force naturelle. Sans doute ces deux modes d'utilisation complète ne sauraient coexister ; il faut nécessairement faire la part de l'un et de l'autre, faire aussi celle de la navigation qui est souvent en antagonisme avec les intérêts de Tagriculture ou de l'industrie ; mais quelle marge encore, si l'on songe que, sur 33.000.000 d'hectares en culture, la statistique n'accuse pas plus de 3 à 4.000.000 de terres plus ou moins régulièrement arrosées ! et que sur nos cours d'eau la majeure partie des chutes disponibles demeurent sans utilisation ! Il reste aussi beaucoup à faire pour combattre les ravages des torrents, prévenir ou limiter les désastres causés par les inondations, parachever le dessèchement des marais, utiliser les limons fertilisants, etc., tout cela en dépit des obstacles qui résultent du morcellement des terres, de Pinsuffisance des capitaux disponibles pour l'agriculture, ou encore des prescriptions incommodes de réglementations surannées.

L^assainissement de nos cités n'est pas plus avancé ; il suffit, pour s'en faire une idée, de jeter un coup d'œil sur la carte

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