CHAPITRE XXVIT. — CURAGE DES ÉGOUTS
que les ouvriers maintiennent contre la poussée de l'eau, reculant peu à peu à mesure qu^elle avance; on a depuis construit beaucoup d'appareils sur le même principe, mais on les a rendus plus faciles à manier et à peu près automatiques, en les montant sur des chariots mobiles, que maintiennent et guident des galets roulant sur le fond et les parois des galeries.
En vue du curage des collecteurs importants, oiiles sables forment des bancs de grande dimension, Belgrand a créé, pour le réseau parisien, un outillage de ce type, remarquablement conçu, qui s'y est généralisé et y fonctionne encore sans modification, après quarante années de pratique continue : la vanne mobile, qui a grandi avec la cunette des galeries, est portée tantôt par un truc, roulant sur une voie ferrée, que constituent des cornières renforçant les arêtes des banquettes latérales, tantôt par un bateau, qui flotte dans le bief amont ; un treuil permet de la lever à volonté suivant les besoins du travail et l'état d'avancement.
Le wagon-vanne et le bateau-vanne^ employés à Paris^ ont été imités ailleurs avec quelques variantes et se retrouvent dans nombre de villes, telles que Marseille, Bruxelles, Budapest, etc. La conduite de ces engins n'exige qu'une simple surveillance et quelques manœuvres de treuil ou de griffes, pour régler la marche ou relever les corps solides de gros volume qui pourraient l'entraver.
Le même principe a été encore appliqué par Belgrand au curage automatique des siphons, où il s'est servi dès 1868 (siphon de l'Aima) d'un engin d'une remarquable simplicité et d'une
efficacité parfaite, consistant en une simple boule en bois, de diamètre légèrement inférieur à celui du siphon(0 m. 80 au lieu de 1 mètre), et qui, actionnée parle couranl,progresse^chassant devant elle les sables en dépôt. On n'a rien trouvé de mieux que de la reproduire pour les autres siphons du réseau parisien, en adaptant la boule à leurs dimensions (Clichy 2 m. 30; Concorde 1 m. 80 de diamètre).
Les bancs de sable, mis en mouvement par ces grands appareils, sont conduits soit jusqu'au débouché final, soit à des bassins à sable, établis spécialement sur le parcours, o\x l'on en fait l'extraction, soit à la main, à l'aide de pelles, de brouettes et de seaux, soit mieux mécaniquement, au moyen de dragues élévaloires, qui chargent les matières dans les tombereaux, les wagonnets, ou les bateaux, destinés à les transporter aux décharges.
1»6. ËiKploUatioii des égouts. — L'autorité municipale, à qui incombe l'exploitation des égouts publics, s'efforce^ dans les villes bien tenues, de la rendre aussi facile que possible, par une réglementation qui les défend contre les projections abusives ou dangereuses : on y interdit notamment presque partout l'envoi d'eaux acides, qui pourraient nuire à la conservation des ouvrages et produire des réactions et des émanations fâcheuses ; celui d'eaux chaudes (SO'^ au maximum à Paris), qui donneraient lieu à des émissions de vapeur, et auraient des inconvénients analogues ; celui aussi des fumées, des huiles combustibles ; enfin celui des ordures ménagères et des résidus industriels, provenant des maisons riveraines, des masses de neige et de glace ou des sables et cailloux résultant du déblaiement des chaussées, qui tendraient à les obstruer, y gêneraient Técoulement et provoqueraient un surcroit de dépense injustifié, en augmentant sans utilité les frais de curage et d^extraction.
La surveillance des ouvrages est confiée ordinairement à un personnel spécial et permanent, qui, presque toujours, est chargé en même temps d'effectuer en régie les opérations que nécessite le maintien d'un bon écoulement ; l'entretien proprement dit et les