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CURAGE DES ÉGOUTS

réparations sont par contre le plus ordinairennent eiïectués par voie d'entreprise. Les équipes à'égoutiers en régie doivent être pourvues, non seulement des engins de curage qui ont été précédemment décrits, mais encore de bottes à hautes tiges d'une parfaite étanchéité, de lampes porlatives, de pinces pour l'ouverture des tampons, de garde-fous mobiles pour proléger les orifices laissés momentanément béants, d'échelles, si les regards ne comportent pas d'échelons fixes, enfin d'engins de sauvetage,, cordes, lampes de mineurs, etc. Pour remiser ce matériel, de petits magasins sont nécessaires, et il convient de les répartir sur rétendue du réseau, de telle sorte que les allées et venues soient réduites au minimum.

Le souci de la sécurité^ pour le public et pour les ouvriers eux-mêmes, s'impose particulièrement dans les services de ce genre. On ne saurait trop recommander 1er. précaulions à prendre pour éviter les chutes^ trop fréquentes, de passants distraits ou inattentifs dans les regards ouverts, pour prévenir les accidents de travail en égout, par suite d'afflux d'eau subits, de dégagement de gaz méphitiques ou inflammables, ainsi que les inondations de caves et les reflux d'eaux souillées sur les voies publiques en cas d'orage, etc. Parmi ces précautions^ les plus répandues consistent dans le travail en équipe, sous la direction d'un chef d'atelier exercé et responsable, et l'immobilisation d'un homme de l'équipe, auprès du regard ouvert à peu de distance du lieu oii elle travaille, pour surveiller le garde-orifice et en même temps pour donner les signaux utiles en cas d'incident inopiné.

Dans les égouts bien tenus, régulièrement curés et convenablement aérés, l'atmosphère se maintient parfaitement respirable : tout au plus y trouve-t-on un peu plus d'ammoniaque et d'acide carbonique que dans l'air extérieur, sans dépasser des limites assez faibles ; et, chose remarquable, constatée par tous les observateurs, les bactéries y sont en nombre relativement faible, bien moindre que dans les rues, et de même nature. Il n'y a donc pas lieu de s'étonner de la facilité avec laquelle les égoutiers s'acclimatent à ce milieu, et de la possibilité d'y organiser des visites publiques, comme on l'a fait avec tant de succès à Paris depuis 1867 : déjà en 1824 Parent-Duchâtelet constatait

que la santé des ouvriers occupés au curage ne laissait rien à désirer et qu^ils ne paraissaient pas exposés à une morbidité ni à une mortalité supérieure à la moyenne ; les ég^outs ont fait de g-rands progrès depuis lors et l'observation a pu être généralisée. Cela suppose évidemment une bonne aération, qui est obtenue sans peine dans les galeries en libre communication avec l'atmosphère, par des bouches largement ouvertes, qui l'est plus difficilement avec les bouches siphonnées et les prises d'air restreintes, et qu'on cherche alors à réaliser par des appels, au moyen soit de cheminées spéciales, soit des tuyaux de chute des maisons, reliés dans ce but directement aux égouts et ouverts à leur extrémité supérieure.

La dépense du curage, qui représente, en dehors de ^entretien et des réparations, la majeure partie des frais d'exploitation, varie considérablement suivant ]es systèmes adoptés et les exigences locales. Quand les égouts ont des pentes prononcées, un courant d'eau abondant, et ne reçoivent guère de matières solides, cette dépense peut être très réduite; elle devient au contraire considérable, là où les corps solides pénètrent en quantités importantes dans les égouts^ où les pentes sont faibles, les sections réduites ; des différences importantes se produisent d'ailleurs, suivant qu'on se contente d'enlever les dépôts de temps à autre, à des intervalles de plusieurs mois par exemple, ou qu'on veut tenir toutes les ramifications du réseau dans un état constant et parfait de propreté. Cette perfection dans le curage, à laquelle, en vue de la généralisation de l'écoulement direct, on a voulu s'astreindre à Paris, oii la main-d'œuvre est coûteuse, revient nécessairement fort cher : la dépense annuelle y atteint 3.000 fr. par kilomètre et correspond à 1 fr. 20 par habitant ou 0 fr. 016 par mètre cube d'eau écoulée. Dans bien des villes, où au premier abord elle parait très faible, un examen plus approfondi montre qu'elle est en réalité assez importante aussi, parce qu'il faut y comprendre d'autres opérations, dont le coût est compté ailleurs, par exemple le nettoyage des puisards des bouches siphonnées, dans les réseaux de conduits de petits diamètres : c'est le cas de Berlin, où la dépense annuelle, malgré les apparences, est, par habitant ou par mètre cube d'eau écoulé, à peu près la même qu'à Paris.

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