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CHAPITRE XXVIII. - ÉPURATION DES EAUX D'ÉGOUT

Les premières, ea plus ou moius grande quautité, suivant que les orifices d'écoulement laissent ou non les corps solides pénétrer dans les conduits d'évacualion, représentent assez ordinairement un à deux millièmes du poids total, un à deux kilogrammes par mètre cube. Il entre toujours dans leur composition une forte part de matières inertes, sable provenant de l'usure des chaussées, terre entraînée par ruissellement dans les jardins, etc.

Les autres, généralement riches en substances organiques, communiquent le plus souvent au liquide une réaction alcaline, qui tend à se modifier, jusqu'à devenir au contraire plutôt acide, à mesure que Tindustrie se développe.

L'eau qui les contient présente^ dans la plupart des cas, Faspect d'un liquide grisâtre^ opaque, qui émet une odeur fade sui generis et dont la température demeure à peu près constante en toutes saisons, dans les conduits souterrains. Maintenu à l'état de repos, ce liquide ne tarde pas à se décanter : au fond, il se forme un dépôt plus ou moins épais, gris on brunâtre, oij les matières se succèdent par ordre de densité ; au-dessus, le liquide, d'un blond sale, devient translucide sinon transparent; et le tout peut être conservé assez longtemps, en présence de Tair, sans qu'il se produise d'altération marquée ni de putréfaction sensible ; tandis qu'en vase clos, ou dans une atmosphère confinée, la masse entre bientôt en putréfaction, passant au gris foncé, puis au noir, et dégageant une odeur infecte, où dominent les effluves ammoniacales et sulfhydriques.

L'analyse décèle, dans les eaux d'égout, des proportions très variables de substances minérales et de substances organiques, qui sont aussi de nature et de composition très diverses : on y rencontre toujours cependant de Vazote en quantité notable, tant à l'état organique qu'à celui de composés ammoniacaux et de nitrites, du soufre à l'état de sulfates, de sulfures, d'acide sulfhydrique, du chlore^ partiellement à l'état de chlorure de sodium, de la chaux, puis de faibles doses à'acide phosphorique et de potasse^ des carbures d'hydrogène, etc. L'oxygène y fait habituellement défaut, ce qui s'explique par la tendance des matières organiques à l'absorber, par les combustions qui se produisent dans la masse.

Les recherches micrographiques ont montré que Teau d'égout est un milieu particulièrement riche en microorganismes : on les y dénombre par millions, par dizaines de millions dans un centimètre cube. Dans cette multitude de microbes, il y a nécessairement un certain nombre de germes pathogènes ; le bacille coli y est très répandu : cependant il ne semble pas que ces germes aient une tendance particulière à pulluler dans l'eau d'égout, et Ton a souvent constaté qu'ils y succombent plutôt au bout d'un temps assez court. Toujours on y rencontre les ferments de la putréfaction : mais, comme ils sont anaérobies, ils n^entrent en action que si le liquide est tenu à l'abri de l'air ; il est vrai que, cette condition remplie, l'effet se produit très vite et se propage rapidement.

Ëpiiratioai par le soS. — La nature offre, pour la solution du problème de l'épuration des eaux d'égout, un outil merveilleux, que les villes ont souvent à leur disposition : c'est le sol des champs avoisinants, à la seule condition qu'il soit suffisamment poreux pour présenter une perméabilité convenable.

Si l'on répand en effet une eau impure sur un sol meuble, elle ne tarde pas à y pénétrer, en subissant tout d'abord une action mécanique, sorte de filtrage, qui a pour conséquence de retenir les matières en suspension, les plus grossières formant un dépôt superficiel, les plus ténues pénétrant à quelque profondeur mais sans dépasser les couches supérieures, si bien qu'après avoir traversé une faible épaisseur de terre l'eau se trouve complètement clarifiée. Une autre action, plus importante et plus remarquable, se produit en même temps : c'est une combustion lente, mais si énergique qu'elle en arrive « à brûler l'azote, ce que le feu ne sait pas faire (Schlœsing) », combustion qui s'opère par l'action de l'air, circulant dans les pores du sol, sur la pellicule liquide, que l'infillration dépose autour de chaque molécule terreuse, et sous une influence demeurée longtemps mystérieuse, mais complètement expliquée aujourd'hui par la découverte des microbes aérobies, qui président à la nitrification. Les substances organiques fermentesciblos sont ainsi détruites et se résolvent en matières minérales fixes et inoffensives, de sorte que l'eau, d'abord cla-

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